13 - 16 février 2019

MELANCOLIE(S) TCHEKHOV DANS LA VILLE

JULIE DELIQUET / COLLECTIF IN VITRO

JULIE DELIQUET COLLECTIF IN VITRO

Une compagnie, un auteur, un quartier, deux spectacles

Le collectif In Vitro se crée en 2009.
Le nom « In Vitro », est venu après l’une de nos premières grandes improvisations de 6h où malgré le fait que je savais que mes comédiens faisaient du théâtre, j’en avais perdu les codes. Ils avaient vécu devant moi, ils avaient mangé, s’étaient aimés, déchirés, et j’assistais à ce moment de théâtre me déplaçant parmi eux me laissant griser par la vie. « Une fécondation In vitro » venait de se créer théâtralement, ils avaient capté la vie et lui avait donné corps en respectant son rythme, ses maladresses et sa force. A chaque projet je me demande encore comment faire pour lui rester fidèle ?
Nous cherchons dans notre processus à nous approprier le langage commun de la répétition et son terrain de recherche, à le prolonger pour ramener le spectacle au plus près de nous. L’improvisation et la proposition individuelle s’inscrivent comme moteur de la répétition et de la représentation.
L’acteur est responsable et identitaire de notre démarche à travers ses choix sur le plateau. Nous bousculons nos textes non seulement grâce à l’improvisation mais aussi grâce à l’entrée du réel. Nous travaillons dans un premier temps dans des lieux existants (maisons-appartements-garages-restaurants-voitures-jardins), sur des temps d’improvisation très longs et mêlons aussi le travail d’acteurs à celui de non-acteurs qui jouent leurs propres rôles.
Ce travail d’investigation du réel a pour but de retranscrire dans nos fictions cette captation du vivant et ainsi réduire au maximum la frontière avec le spectateur. L’acteur et le personnage, le texte et l’improvisation tendent à se rassembler pour ne faire qu’un. Ce face à face humain avec le spectateur me fascine. Je cherche à le disséquer, à l’explorer pour que le public ait le sentiment quand il assiste à nos créations que le théâtre s’est effacé et a laissé place à la vie. Qu’une catharsis s’exprime en direct et que les repères théâtraux habituels (quand ça commence, quand ça finit, la notion de rôles, de scènes, de héros) soient bousculés. Au sein d’In Vitro la partition de chacun dépend de celle des autres et ensemble nous cherchons les traces de la vie comme un engagement.
Nous voulons redonner à l’acteur une place centrale où il est non seulement interprète mais aussi auteur et créateur. L'auteur tout puissant, le metteur en scène tout puissant, le "théâtre d'art" laissent place à des formes collectivement pensées et appartenant à tous.

Julie Deliquet

MELANCOLIE(S)

Tchekhov
Julie Deliquet
In Vitro

NICOLAS: "Rêvons ensemble... par exemple de la vie telle qu’elle sera après nous, dans deux ou trois cents ans."

THÉODORE: "Eh bien, après nous, on habitera dans l’espace, on découvrira peut-être un sixième sens, qu’on développera, mais la vie restera la même, une vie difficile, pleine de mystère, et heureuse. Et dans mille ans, l’homme dira comme aujourd’hui : « Ah ! que la vie est dure ! » Et il aura toujours peur de la mort et ne voudra pas mourir."

Aujourd’hui nous sommes partagés entre les valeurs qui nous ont été inculquées par nos parents et la génération précédente et la réalité du monde dans lequel nous vivons avec nos enfants. La génération précédente a «un temps imaginé que tout était possible» alors que nous sommes inscrits dans une société où «l’on ne parle plus que de l’individu».
L’insouciance et la joie qui portaient les mouvements étudiants et politiques des années 70 laissent place aujourd'hui à une révolte plus désespérée et plus radicale donc. C'est précisément notre génération qui semble la plus sujette à l'angoisse et à la peur. Écartelés entre les désirs avortés de nos parents, et la radicalité de nos cadets, le premier sentiment fort que nous ayons, est de surprotéger nos enfants. Nous vivons dans un monde en plein bouleversement, un monde qui change peut-être plus vite que le temps qu’il faudrait pour penser ces changements. Nous ressentons collectivement une impuissance à agir sur ce monde et une angoisse d’être agi par lui.
Mélancolie(s), c’est une mise en parallèle entre la disparition d’un monde et le destin brisé d’une poignée d’individus. Ce ne sont pas les évènements qui m’importent mais les personnages. L’universalité et l’humanité des pièces de Tchekhov sont bouleversantes, avec ses personnages pensés comme des solitudes qui doivent «faire» ensemble. Ils sont trentenaires ou quarantenaires, ce sont des gens de ma génération. J’ai beaucoup travaillé sur la question des générations, j’aime l’idée que ce sont des êtres au milieu de leur vie qui se sentent déjà vieux.

Les Trois Soeurs : un point de départ
Ivanov : une chute

Tchekhov reprend l’histoire là où nous l’avons laissée avec notre dernière création. Nous avons enterré les parents avec Catherine et Christian, nous sommes avec les Trois Soeurs, tout juste un an après la mort du père marquant la fin du deuil et le début, croit-on, d'une nouvelle vie...
De toutes les grandes pièces de Tchekhov, Les Trois Soeurs est certainement la plus romanesque. La pièce, découpée en épisodes, dépeint sur plusieurs années, la vie d’une petite ville de province avec ses existences qui rêvent de retourner là où elles ont passé leur enfance.
Dans Ivanov, la violence va croissante à mesure qu’avance le drame jusqu’à une sorte d’épuisement mortel.
Ivanov décide à la fin de l’histoire de se marier quand même. Pendant quelques instants, il reprend espoir puis il disparait, sa lucidité le détruit. Ivanov, comme Justine (Kirsten Dunst) dans Melancholia de Lars von Trier, a l’air de filer à l’anglaise, sans s’expliquer...tout à coup il n’est plus là, il s’est pour ainsi dire effacé du mariage, éclipsé hors du monde. Quand les autres s’en aperçoivent et le cherchent, c’est trop tard…

« La mélancolie est d’abord vue comme un trouble des humeurs au sens grec de l’acception, elle correspond à ce qu’on appelle aujourd’hui en psychiatrie l’état dépressif, c’est-à-dire un sentiment d’incapacité, un non savoir de la volonté, une absence de goût de vivre pouvant, dans les cas les plus graves, conduire au suicide. Dans un deuxième temps, au fur et à mesure que la médecine se sépare de la philosophie, elle caractérise alors un être-là existentiel qu’on retrouve chez des écrivains, poètes et intellectuels. Cette «maladie sacrée» qui dans la culture occidentale a concerné toutes les expressions de la pensée et de l’art, est une forme de mise à distance de la conscience face au désenchantement du monde. »

Julie Deliquet

Théâtre
13 > 16 Février
mer 13 fév / 20:00jeu 14 fév / 20:00ven 15 fév / 20:30sam 16 fév / 20:30
théâtre Garonne
durée 2h
de 10 à 25€
Mélancolie(s)Presse

Oui, Tchekhov est bien présent sur le plateau par cette vérité, cette réalité des personnages empêtrés dans leur vie, tragiquement humains, terriblement humains, simplement humain. Julie Deliquet et ses comédiens, tous, absolument
tous formidables de lucidité et de fragilité, de solitude et de mystère, de mélancolie abrupte, d’impuissance et de fatigue, mettent à nu les personnages, ces héritiers démunis et sans idéaux des enfants désemparés de 68, les dissèquent, couche après couche, se les approprient avec intelligence et les défendent jusque dans leur contradiction irrépressible avec une énergie vibrante et communicative. Une énergie tendue, tenue, mettant sous tension la pièce avant que d’éclater. On touche là à quelque chose de rare où la frontière entre le théâtre et la réalité est si ténue qu’elle nous trouble. C’est là la grande force de ce collectif, une cohésion sans faille autour d’un projet commun défendu avec conviction et cette énergie exacerbée ici par les conflits qui traversent chacun des personnages. Dont le destin se fracasse par impuissance, vieux au mitan de leur vie, dans un monde qui bascule vers l’inconnu, devenu profondément âpre et individualiste. Tout cela fait de Mélancolie(s) une réussite, un moment de théâtre rare et sensible, parce que cet étrange et paradoxal palimpseste qui ne cache rien de son support initial tout en affirmant avec éclat son écriture propre frappe par sa justesse sans complaisance, une vision sans concession d’une génération sacrifiée, remet l’humain au centre d’un projet porté magnifiquement par l’engagement total des acteurs, une mise en scène fluide qui a l’élégance de s’effacer pour projeter en avant ses personnages, les regarder se débattre, se battre, sans jugement aucun. C’est tout simplement poignant.

Un fauteuil pour l'orchestre, 6 décembre 2017, Denis Sanglard

 

De cette étonnante rencontre entre les protagonistes d’Ivanov et ceux des Trois Soeurs, Julie Deliquet et son collectif In vitro en tirent une trame singulière faite de récits empreints d’une mélancolie immense, presque morbide, qui s’entrecroisent, s’entremêlent et s’entrechoquent. Puisant dans l’oeuvre d’Anton Tchekhov un mal de vivre symptomatique de l’âme slave, elle esquisse un portrait âpre, saisissant d’une époque, d’une société désillusionnée. Trouvant dans l’écriture de ce dernier un écho à ses propres émois, ses propres doutes, ainsi qu’à ceux des membres de sa troupe, la jeune metteuse en scène mêle avec habilité et ingéniosité textes du dramaturge russe et écriture de plateau.
Tout en finesse, Julie Deliquet tisse autour de ses comédiens une trame ciselée, resserrée qui les prend au piège de leur propre réflexion, de leur propre histoire, les obligeant petit à petit à dépasser leur personnage pour dévoiler une part d’eux-mêmes. Entrelaçant astucieusement vie privée et fictionnelle, elle nous entraîne dans un tourbillon émotionnel bouleversant où de spectateur l’on devient confident. Cette sensation d’être les témoins privilégiés de ces drames existentiels est renforcée par le jeu totalement habité des comédiens, tous poignants, sincères. Très vite, on oublie qu’on est au théâtre, tant on a l’impression grisante, enivrante, que les tourments de ces êtres en mal de vivre envahissent l’espace et nous saisissent.
Gommant toutes références historiques, la jeune metteuse en scène signe une pièce intemporelle, ultra contemporaine, d’une rare intensité. Continuant son travail exploratoire dans l’univers mélancolique dans l’oeuvre de Tchekhov, elle nous entraîne au plus prêt de ce vague à l’âme si prégnant, si astringent, stigmate noir d’une génération désenchantée. Un moment de théâtre vibrant !

Le 20 octobre 2017, Olivier Fregaville-Gratian d’Amore

(...) avec Mélancolie(s), c’est même un double Tchekhov qui est servi au Théâtre de la Bastille, à Paris (dans le cadre du Festival d’Automne), avant de partir pour une longue tournée. La jeune metteuse en scène Julie Deliquet, qui, à l’automne 2016, avait signé un très beau Vania à la Comédie-Française, a travaillé cette fois-ci avec son collectif In Vitro, en mêlant deux pièces de l’auteur, Les Trois Soeurs et Ivanov. Elle se situe à l’exact croisement de toutes les recherches actuelles : son travail mêle à la fois son point de vue de metteuse en scène, la recherche collective de ses acteurs, et une adaptation contemporaine des textes. Et c’est un Tchekhov intime qu’elle livre ici, comme un arc tendu à craquer entre les mélancolies russes du tournant du XIXe et du XXe siècle et les nôtres, une ligne sans fioritures où se dessinent les échecs amoureux, les illusions perdues et le sentiment douloureux d’une existence qui file entre les doigts. Pourtant tout commence, dans ces Mélancolie(s), avec la légèreté romanesque d’un film de Truffaut, et les images filmées d’un jeune couple se rendant chez des amis. Mais le chemin que l’on va effectuer avec eux, c’est un peu celui qui va de Baisers volés à L’Amour en fuite, pour filer la comparaison avec le cinéaste de la Nouvelle Vague.

Ce couple, c’est celui que forment Ivanov (rebaptisé ici d’un prénom français et contemporain – Nicolas –, comme la plupart des autres personnages) et sa femme, Anna Petrovna, qui a tout quitté pour lui, notamment sa famille et ses origines juives. Les amis chez qui se rendent Nicolas et Anna ne sont autres qu’Olympe et Sacha, deux des trois soeurs de Tchekhov, qui correspondent à Olga et Irina dans la pièce originelle. Julie Deliquet et sa bande mêlent les deux pièces avec beaucoup d’aisance et de fluidité, pour en former une seule qui s’inscrit dans le cadre familier de la bourgeoisie bohême d’aujourd’hui. Il y a une grande terrasse qui donne sur la mer, des transats, une longue table conviviale où les verres de vin circulent, les filles portent des jeans et des blouses à fleurs, les hommes, des chemises bleues sobres et bien coupées. Il ne se passe rien de particulier – on est chez Tchekhov –, sinon la vie telle qu’elle va. Mais il faut prendre garde à la douceur des choses, avec Julie Deliquet. Ce qui commence comme une gentille comédie mettant en scène un milieu qui se sent protégé des difficultés de l’existence va vite virer au noir absolu. Le sentiment d’échec ronge tous les personnages à des degrés divers, à commencer par Ivanov-Nicolas, que joue un Eric Charon remarquable, allant jusqu’au bout d’un désespoir mat, net et tranchant. Les acteurs sont dans l’ensemble formidables, qu’il s’agisse de Julie André (Olympe-Olga), de Gwendal Anglade (Camille-Andreï), d’Aleksandra De Cizancourt, impayable en Natacha d’aujourd’hui, une de ces filles que leur vulgarité foncière protège des états d’âme, de Magaly Godenaire (Anna) ou d’Agnès Ramy (Sacha-Irina), d’autant plus émouvante qu’elle est l’être le plus lumineux de la pièce, et sera d’autant plus fracassée par ce que la vie va lui offrir (...)

Le Monde, 8 décembre 2017, Fabienne Darge

 

Ce drame postmoderne - écrit seulement avec des mots de Tchekhov (à deux ou trois improvisations près) - exige une intensité et une vérité des acteurs sans pareil. Les membres du Collectif In Vitro donnent tout pour y parvenir et,
malgré quelques baisses de régime et hésitations, livrent déjà une belle copie. Ils sont sincères, intenses, douloureux et portent la mélancolie à incandescence. La scène de Premier de l’an, avec ses bribes de feu d’artifice, exprime toute l’amertume du temps qui passe et qui tue les rêves. Le mariage d’Antoine et de Sacha a l’allure sombre d’un requiem. C’est un Tchekhov violent, sans issue de secours, que nous offrent Julie Deliquet et sa troupe. Les «Mélancolie (s)» d’il y a cent cinquante ans ont aujourd’hui un goût de cendre.

Les Echos, 30 novembre, Philippe Chevilly

TCHEKHOV DANS LA VILLE

Tchekhov
Julie Deliquet
In Vitro

Rendez-vous samedi 16 février au Bistrot des Halles, 17 place Roguet
entrée libre, à partir de 10 ans

- à 9h pour un parcours dans le quartier St Cyprien : 3 épisodes de 35' dans trois lieux différents

- à 16h30 pour la fête de Macha (durée : 1h30)

 

Vous allez peut-être les rencontrer, échappés des Trois Soeurs : Irina, la soeur oisive, Andrea, le frère adulé, Macha, celle qui râle et ne supporte plus son mari. Attendez-vous à les croiser à la bibliothèque ou dans un salon de coiffure, à moins que ce soit à la maison de retraite ! Macha va vouloir organiser une fête alors qu’Irina préfère se faire pomponner. Quant à Andrea, du moment qu’il peut étudier…
Créé en marge de Mélancolie(s), Tchekhov dans la ville immerge pendant une semaine trois comédiens du collectif In Vitro dans le quartier St Cyprien à Toulouse.
Ils choisissent chacun un lieu dans lequel ils travaillent une nouvelle adaptation du 1er acte des Trois Soeurs. S’imprégner des atmosphères, observer et apprendre de chacun, nouer des complicités pour faire jouer ensemble le réel et la fiction. L’enjeu est de mettre à l’épreuve les mots de Tchekhov au quotidien. À la fin de la semaine, les habitants sont invités à découvrir les épisodes de la pièce dans les lieux qui les ont vus s’épanouir.

Anne Barbot sera Irina. Elle fête, à la fin de la semaine, ses 35 ans. Elle rêve de retourner à New-York sa ville natale, là où elle a grandit. Elle s’immerge dans un lieu où l’on prend soin d’elle tel un salon de coiffure, un centre esthétique. Elle connaît très bien la propriétaire du salon de coiffure Au fil de l'hair, Stéphanie. Elle est une habituée du salon, 10-12 rue Villeneuve 31300 Toulouse, 05 34 56 47 70. (contact : Stéphanie)

Richard Sandra sera Andréa, le frère adulé par ses soeurs. Il semble doué pour tout, promis à un bel avenir et travaille en attendant de finir sa thèse. Il doit être dans un lieu assez érudit et s'installera à la médiathèque St Cyprien, 63 rue Réclusane, 31000 Toulouse, 05 62 27 63 30 (contact : Renée Roy)

Annabelle Simon sera Macha, la soeur râleuse, fatiguée de son travail et de son mari. Elle s’est mariée trop tôt et se sent vieille avant l’heure. Elle est propriétaire ou responsable d’un lieu dans lequel elle organisera une fête. A Toulouse, ce sera au Solaneko, 9 rue Réclusane, 31O00 Toulouse, 05 62 48 76 28. (contact : Tomoko)

 

Théâtre
16 Février
sam 16 fév / 09:00sam 16 fév / 16:30
durée
Entrée libre : rendez-vous devant le bistrot des Halles, 19 place Roguet, à 9h pour un parcours de trois épisodes de 35' chacun ou à 16h30 pour la fête d'anniversaire.
Tchekhov dans la ville

Tchekhov dans la ville est né du désir commun de Julie Deliquet et certains membres du Collectif de créer une petite forme en milieu réel en marge du spectacle Mélancolie(s). Cette expérience théâtrale donne à voir le processus de création habituellement caché : celui de l’immersion. Dans nos répétitions, la fiction se glisse en milieu réel et nous observons si « une conversation » est possible entre les deux. Nous abordons nos créations dans une forme quasi documentaire, comme Tchekhov qui, en tant qu’ancien médecin, a eu une approche sociologique et anthropologique pour nourrir son écriture.
Au cours de la création de Nous sommes seuls maintenant (3ème volet du « Triptyque des années 70 à nos jours ») un acteur a travaillé pendant deux semaines dans une ferme laitière.
Pour Catherine et Christian, création collective autour du deuil des parents, nous avons travaillé avec deux acteurs de la génération de nos parents pendant 6 mois, puis ils sont partis et nous avons écrit notre spectacle sur leur absence. Ces recherches au contact du réel deviennent le terreau commun sur lequel nous construisons notre écriture de plateau.
Jusqu’à aujourd’hui, toute cette matière de jeu restait entre nous et n’avait jamais été présentée in situ devant un public. Tchekhov dans la ville est une aventure singulière, une expérience inédite pour In vitro qui, pour la première fois, joue hors les murs et invite les spectateurs à participer à un dispositif d’immersion dans le réel.

Tchekhov / Julie Deliquet / In VitroPortrait

Après un bac cinéma et des études de cinéma à la fac, Julie Deliquet poursuit sa formation au Conservatoire de Montpellier puis à l'École du Studio Théâtre d'Asnières, elle complète sa formation à l'École Internationale Jacques Lecoq pour deux ans.
Elle crée le Collectif In Vitro en 2009 et présente Derniers Remords avant l'oubli de Jean-Luc Lagarce (2ème volet du Triptyque “Des années 70 à nos jours...”) dans le cadre du concours Jeunes metteurs du Théâtre 13 où elle reçoit le prix du public.
En 2011, elle crée La Noce de Brecht (1er volet du Triptyque) au Théâtre de Vanves, repris en 2013 au 104 dans le cadre du Festival Impatience.
En 2013, elle crée Nous sommes seuls maintenant, création collective (3e volet du triptyque) au Théâtre Romain Rolland de Villejuif, à la Ferme du Buisson, au théâtre de Vanves… La trilogie sera reprise en intégrale au Théâtre de la Ville-Paris puis au TGP-CDN de Saint-Denis dans le cadre du Festival d'Automne.
En 2015, elle participe au projet « Adolescence et territoire(s) » et met en scène Gabriel(le) écriture collective à l'Odéon-Théâtre de l’Europe/Ateliers Berthier, au Théâtre Gérard Philipe-CDN de Saint-Denis, à l’Espace 1789 à Saint-Ouen, et au Théâtre Rutebeuf, à Clichy.
Elle crée également Catherine et Christian (fin de partie), épilogue du Triptyque et deuxième écriture collective, au Théâtre Gérard Philipe-CDN de Saint Denis dans le cadre du Festival d'Automne 2015 puis en tournée.
Elle crée Vania d’après Oncle Vania d’Anton Tchekhov à la Comédie française en septembre 2016, puis Mélancolie(s) avec le Collectif In Vitro en automne 2017.