L'histoire à venir 2019

23mai>26mai

Après le succès de ses deux premières éditions, L’histoire à venir est de retour à Toulouse en 2019. Réengager le savoir, mettre la recherche en lumière, renouer le dialogue citoyen avec l’histoire, renforcer le pacte entre la démocratie et la connaissance : voilà l’ambition du festival créé en 2017 à l’initiative de la librairie Ombres blanches, du théâtre Garonne, de l’université de Toulouse et des éditions Anacharsis.

Le thème de cette troisième édition sera « En commun ».
Qu’est-ce qui définit notre humanité commune ? L’air que nous respirons et l’eau que nous buvons sont-ils des biens communs ? A l’inverse, les déchets que nous produisons sont-ils des maux communs ? Quels sont les grands récits qui nous rassemblent ? Comment assurer une jouissance partagée de l’art ? La multiplication des communautés a-t-elle pour effet de consolider une société ou de la diviser ? Comment les démocraties peuvent-elles à la fois œuvrer pour le bien commun et défendre les intérêts particuliers ? Nos données personnelles sur Internet appartiennent-elles à quelqu’un, à personne ou à tout le monde ?
Le débat politique contemporain est traversé par ces questions fondamentales qui renvoient à diverses définitions du « commun », de ce que nous partageons, de ce que nous possédons collectivement, de ce qui nous unit, de ce qui nous permet de vivre ensemble et de construire la société à laquelle nous appartenons.
Ces questions, d’une actualité vibrante, s’inscrivent pourtant dans des généalogies longues et des espaces multiples. Dans la démocratie athénienne comme dans la Chine impériale, dans les campagnes médiévales européennes comme dans les sociétés amérindiennes, la question du « commun » s’est posée, comme socle idéologique, catégorie de l’imaginaire ou moteur de la vie collective. Pour sonder ce « En commun », appréhender ses dynamiques, la façon dont il s’élabore et nous fait agir, nous envisagerons les mille et une formes qu’il a prises dans l’histoire, tout autour de la planète : pratiques communautaires, vie des communautés religieuses, idéaux et utopies communistes, usages politiques du commun, etc. Nous étudierons aussi les moments de rencontre ou de confrontation coloniale, guerrière ou philosophique, entre des sociétés plurielles, qui ont permis l’élaboration de nouveaux espaces du commun, mais qui ont aussi parfois échoué à produire ces lieux et ces temps nécessaires à d’autres constructions sociales et politiques. Nous y intégrerons encore les débats contemporains sur les commons d’Internet et les nouvelles formes d’espaces partagés que revendiquent et expérimentent aujourd’hui les citoyens dans les villes comme dans les campagnes. Au fil de nombreux débats, en variant les échelles et sur le temps long, nous explorerons la façon dont le commun a traversé nos histoires, comment il les a forgées, et comment les sociétés humaines se sont construites entre unité et diversité, entre commun et particulier, dans une tension à la fois féconde et douloureuse.

Nos deux thématiques pérennes, « Histoire et démocratie » et « Écrire l’histoire », ainsi que des rencontres autour des ouvrages qui ont marqué l’année éditoriale éclaireront les débats actuels en histoire et en sciences sociales, discussions essentielles pour s’armer intellectuellement et agir sur le monde qui nous entoure. Pendant quatre jours, chercheuses et chercheurs en histoire, en sciences humaines et sociales ou en philosophie, mais aussi des femmes et des hommes de lettres comme des artistes, viendront partager leurs idées, leurs questionnements et leurs recherches à travers conférences, ateliers, échanges et mises en récit originales et inventives. En venant à la rencontre de toutes et de tous, dans différents lieux de la ville, elles et ils feront de L’histoire à venir le creuset de nouvelles façons d’écrire l’histoire, pour que l’éventail des possibles du passé régénèrent nos horizons d’avenir.