18 oct > 21 oct

ANGELUS NOVUS

AntiFaust

Sylvain Creuzevault

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Théâtre

"Il s'agit peut-être d'écrire un Faust contre son propre mythe, un AntiFaust. Et d’en construire une représentation  qui participe à l’essai de son dépassement réel dans la vie quotidienne affective. D’entrer dans la danse, et que l’invitation de nos démons sur les planches devienne une excitation  au voyage." 
Sylvain Creuzevault

mise en scène Sylvain Creuzevault
avec Antoine Cegarra, Éric Charon, Pierre Devérines, Evelyne Didi, Lionel Dray, Servane Ducorps, Michèle Goddet, Arthur Igual, Frédéric Noaille, Amandine Pudlo, Alyzée Soudet
musique originale Pierre-Yves Macé
son Michaël Schaller
scénographie Jean-Baptiste Bellon
lumière Nathalie Perrier
vidéo Gaëtan Veber
masques Loïc Nébréda
costumes Gwendoline Bouget
peinture Camille Courier de Méré, Marine Dillard et Didier Martin
production et diffusion Élodie Régibier
amitiés François Tanguy et le Théâtre du Radeau
Les décors ont été réalisés par les ateliers de construction de La Colline - théâtre national et de La Fonderie. 
Les costumes ont été réalisés par les ateliers du Théâtre national de Strasbourg.

Opéra Kind des Faust
musique originale Pierre-Yves Macé
livret Sylvain Creuzevault
traduction en allemand Elisabeth Faure
Juliette de Massy
(soprano), Laurent Bourdeaux (baryton basse), Léo-Antonin Lutinier (contre-ténor), Vincent Lièvre-Picard (ténor), Naaman Sluchin (violon) Barbara Giepner (alto), Maitane Sebastián (violoncelle)
et Cédric Jullion (piccolo), Elsa Balas (alto), Nicolas Carpentier (violoncelle)
production Le Singe
coproduction La Colline – théâtre national, Festival d’Automne à Paris, Théâtre national de Strasbourg, MC2 : Grenoble, Théâtre Dijon-Bourgogne, Printemps des Comédiens, La Filature – scène nationale de Mulhouse, Le Quai - Nouveau Théâtre d’Angers, La Comédie de Valence
Le projet est soutenu par la Direction générale de la création artistique du Ministère de la Culture et de la Communication.
Avec la participation artistique du Jeune théâtre national.
Avec le soutien de La Fonderie au Mans et du théâtre Garonne – Toulouse.
Le spectacle a été créé le 23 septembre 2016 au Théâtre national de Strasbourg.

18 Octobre > 21 Octobre
au théâtre Garonne
Mardi 18 Octobre 2016 / 19:30
Mercredi 19 Octobre 2016 / 19:30
Jeudi 20 Octobre 2016 / 19:30
Vendredi 21 Octobre 2016 / 19:30
de 12 à 27€ (supplément de 3€)

Faust est né dans une organisation féodale de la société comme un être porteur d’un savoir quasi-universel. Il est alors le reflet d’existences réelles capables de porter d’excellents savoirs dans des disciplines aussi variées que celles de la théologie, de la philosophie, du droit, de la médecine, de la botanique ou de l’astronomie. Le mythe du savoir universel et déceptif mène son porteur vers la mélancolie qui pour s’en distraire ferraille avec le Diable.

Mais que devient le mythe de Faust dans une société productrice de marchandises, à la division sociale du travail si raffinée ? La société totalitaire marchande fait du savoir un pouvoir, et une solitude. La Valeur en a fait sa marchandise numéro 1, loin devant les armes à feu. Un-e porteur-se de savoir peut-il/elle découvrir un lieu, un territoire, construire un pays où l’usage de son savoir ne s’achève ni en amertume ni en corruption ? De cette tendance, nous dresserons les contradictions, nous les ferons jouer dans la vie d’un homme, d’une femme, d’une société.

Pourquoi une époque où la rationalité scientifique peut éclairer les ombres qui, antérieurement, étaient sources de mythes, est-elle incapable de procéder à leur désactivation, à leur dissolution, à leur... culture ? Pourquoi diable les Idoles produites jadis par les formes sociales, en réponse à l’incompréhension des phénomènes naturels, une fois ceux-ci déchiffrés, ne retournent-elles pas au Néant d’où la peur les avaient tirés ? Pourquoi les voit-on être réactivées, non plus dans la sphère de la nature, mais dans la sphère sociale, entre les individus mêmes, et politique ?

Dans le mythe, le Pacte permet à Faust de devenir tout ce qu’il n’est pas. Nous le renverserons, puisqu’au contraire aujourd’hui le capital faustien nous somme (sommer) de ne rester que ce que nous sommes (être). « Deviens toi-même » n’est pas seulement une publicité pour l’Armée de terre française, c’est aussi la meilleure voie vers la subordination. « Tiens-TOI tranquille », slogan universel sécuritaire des gouvernements des peuples et de soi.

Nous manquons de démons, ces autres-de-nous. Ou ils nous manquent. Les temps en sont presque vides. Les Idoles sont partout, et la guerre est entre leurs grimaces. Dans leurs plis, l’insoutenable silence des Démons. Le nôtre - et les multiples formes qu’il prend dans notre antiversion du mythe - n’est pas Méphistophélès, c’est Baal, Seigneur des mouches.

Il s’agit peut-être d’écrire un Faust contre son propre mythe, un AntiFaust, dont le titre qualifie son démon, un nouvel ange, Angelus Novus. Et d’en construire une représentation qui participe à l’essai de son dépassement réel dans la vie affective quotidienne. Ou du moins d’en prendre conscience suffisamment afin que l’invitation de nos Démons sur les planches deviennent une excitation au voyage. C’est un éloge du pire visiteur du soir, notre locataire qui ne paye même pas son loyer, et nous dit être « une partie de cette force qui, éternellement, veut le mal, et qui, éternellement, accomplit le bien. »

Sylvain Creuzevault

(EN)

Did you know? We will weave, on the weft of the New Old Regime we are living in, three plots for Faust, for Fausts, three lives, that of Kacim Nissim Yildirim, neurologist, born in West Germany in the seventies; that of Marguerite Martin, endocrinology biologist, born in France in the same decade; and that of Theodor Zingg, composer and head of State, orphan, born at the same time, nobody knows where. They are today between forty and fifty years old. And the action takes place now.
Faust was born in a feudal society as a bearer of an almost universal knowledge. He is then the reflection of real existences able to have excellent knowledge in disciplines as varied as theology, philosophy, law, medicine, botany or astronomy. The myth of universal and deceptive knowledge leads its owner to melancholy, and he then engages in a battle with the Devil as a distraction.
But what becomes of Faust’s myth in a society which produces goods and where the social division of labour is so sophisticated? The totalitarian mercantile society turns knowledge into power and solitude. Value has made it its number one commodity, far beyond firearms. Can a knowledge bearer find a place, a territory, build a country where the use of their knowledge will not end in bitterness or corruption? We will draw the contradictions of this tendency; have them play out in the life of a man, a woman, a society.
In an era in which scientific rationality can shed light in the dark which used to be a source of myth, why is it that we are unable to then deactivate, dissolve… tame them? Idols were created aeons ago by social forms as an answer to baffling natural phenomena which have now been deciphered – why the devil have these Idols not gone back to the Void from which fear had pulled them out? Why are they being reactivated, no longer in the sphere of nature but in the political and social sphere, between individuals themselves?
In the myth, the Pact allows Faust to become all that he is not. We will overturn it, since on the contrary today the Faustian capital summons us (summon) to only remain what we are (be). “Become yourself” is not only an ad for the French Army, it is also the best path to subordination. “YOU keep quiet”, universal security slogan of the governments as well as of self-government.
We lack demons, these other-us. Or we miss them. This era barely has any. Idols are everywhere, and war is found among their grimaces. In their fold, the unsustainable silence of Demons. Ours – and the multiple shapes it takes in our antiversion of the myth – is not Mephistopheles, but Baal, Lord of the Flies.
This may be about writing Faust against his own myth, an AntiFaust whose title labels his demon, a new angel, Angelus Novus. And to build a representation of it which helps him when he tries to genuinely go beyond in daily emotional life. Or at least to become conscious enough that inviting our Demons onto the stage becomes an excitement to travel. It is a paean to the worst night-time visitor, the tenant who never even pays any rent, and tells us he is “part of this strength which eternally wants evil and which eternally does good.”
Sylvain Creuzevault

Biographie

Sylvain Creuzevault a suivi une formation au Conservatoire du Xe arrondissement, à l’École du Studio d’Asnières et à l’École Internationale de Théâtre Jacques Lecoq. Il met en scène Les Mains bleues de Larry Tremblay, création d’ores et déjà, Visage de feu de Marius von Mayenburg, création d’ores et déjà, Fœtus, création collective d’ores et déjà, Baal de Bertolt Brech, Le Père tralalere, création collective d’ores et déjà… Il joue aussi dans les mises en scène de Damien Mongin, Nathalie Fillion, Patrick Simon, Yveline Hamon, Lionel Gonzalez, Michel de Ghelderode, Guillaume Levêque, Jean-Louis Martin-Barbaz, Bernard Salva, Emmanuel Demarcy Mota. Au cinéma, il joue dans Petit Tailleur (moyen- métrage de Louis Garrel), La Robe du soir (long- métrage de Myriam Aziza), Mes copains (court-métrage de Louis Garrel), Les Bienheureux (court-metrage de Damien Mongin), La Clef (long-métrage de Guillaume Nicloux), Les Amants réguliers (long-métrage de Philippe Garrel).

Il a présenté au théâtre Garonne : Notre terreur en 2010 et Le Capital en 2013.