7 mar > 10 mar

Les quatre jumelles

Copi / Isabelle Luccioni

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Théâtre

"Lire Copi, c'est boire un alcool fort, cul sec, par jour de grand froid. Cela réchauffe d’un coup le corps et l’âme. Un éclat de rire salutaire dans notre époque sinistrée, dominée par la peur de tout perdre du jour au lendemain." Isabelle Luccioni

Création / Coproduction / spectacle présenté avec et au Théâtre Sorano

texte Copi
mise en scène Isabelle Luccioni
avec  Séverine Astel, Catherine Froment, Jean Yves Michaux, Tibaut Schoirfer
scénographie Pierre Heydorff
lumières Romain Mercier
son Aline Loustalot
création d'images Bruno Wagner
costumes Sohuta
coproduction théâtre Garonne – scène européenne, Toulouse, Théâtre Sorano – Toulouse
accueil en résidence Théâtre Sorano – Toulouse 2016/2017, théâtre Garonne – scène européenne, Toulouse 2016/2017, Théâtre National de Toulouse 2016, Théâtre Dans les Vignes - janvier 2017, L’Usine, scène conventionnée pour la musique Saint-Céré - Lot - février 2017, Les Cabanes, théâtre le Colombier - Cordes sur Ciel - Février 2017
avec le soutien de la DRAC Midi-Pyrénées, 
avec le soutien de l'association gestion Le Colombier
avec le soutien des Amis du théâtre Garonne
création le 7 mars 2017, au Théâtre Sorano

7 Mars > 10 Mars
au Théâtre Sorano
Mardi 7 Mars 2017 / 20:00
Mercredi 8 Mars 2017 / 20:00
Jeudi 9 Mars 2017 / 20:00
Vendredi 10 Mars 2017 / 20:00
de 9 à 20€

Comme Les Trois Sœurs de Tchekhov, elles rêvent de partir. À part qu’elles sont quatre : Maria, Leila, Fougère et Joséphine. Elles aussi vivent dans un trou à rat, mais en Alaska, là où le sous-sol regorge d’or. Si seulement elles n’avaient pas vendu les pelles pour acheter de l’héroïne. Elles pourraient creuser des puits ou enterrer la morte dans le jardin. Elles s’insultent, s’arnaquent, se tirent dessus. Puis ressuscitent, car ce sont des gosses qui jouent. Elles ont des chiens, d’Alaska aussi, dangereusement carnivores. A côté d’elles, les sorcières de Macbeth sont des anges de délicatesse. Elles sont dans la frénésie du départ, de l’adieu définitif. Pas Moscou mais Boston, New York, Bali ! Ou bien attraper le Chicago Express, n’importe où, mais pas Alcatraz, pas les flics ! Elles sont prises au piège, alors qu’elles rêvent d’une vie tranquille, protégée, faire la lessive ou la cuisine. En attendant, une petite piquouze, de l’héroïne plein les armoires, cocaïne, morphine, camphre, talc. Du pognon plein les valises, des lingots, des dollars de Vegas... L’auteur Copi fut un diable d’homme. Argentin homosexuel, arrivé à Paris en 1962, fauché par le sida en 1987, il créa La Femme assise, aussi minimaliste que son théâtre est explosé d’humour macabre. Après Beckett, Joyce (Monologue de Molly Bloom), Isabelle Luccioni l’offre « comme un alcool fort qui réchauffe le cœur et l’âme, salutaire dans une époque dominée par la peur ».

(EN)

Just like Chekov’s Three Sisters, they dream of leaving. Only in The four twins, there are four of them: Maria, Leila, Fougère and Joséphine. They also live in a rat hole, but in Alaska, where the underground is full of gold. If only they hadn’t sold their shovels to buy heroin. They could dig wells or bury the dead woman in the garden. They insult each other, con each other, shoot each other. Then bring each other back to life, since they are children playing. They have dogs, also from Alaska, dangerous carnivores. The witches in Macbeth are angels of gentleness compared to them. They inhabit the frenzy of leaving, of the permanent adieu. Not Moscow, but Boston, New York, Bali! Or else catching the Chicago Express, anywhere, but not Alcatraz, not the cops! They are caught in a trap even as they dream of a quiet, protected life, doing the laundry or cooking. In the meantime, a quick “fix”, the wardrobes are full of heroin, cocaine, morphine, camphor, talcum powder. Their suitcases are full of dough, bullions, Vegas dollars… The author Copi was a devil of a man. Arriving in Paris in 1962, this Argentinian homosexual was struck down by AIDS in 1987, and created La Femme assise, as minimalist as his theatre is full of gallows humour. After Beckett, Joyce (Molly Bloom’s monologue), Isabelle Luccioni offers him “like strong liquor that warms the heart and soul, a salutary drink in an era overcome by fear.”

Plus d'infos

mar 10.01 à 18h > Rencontre entre les Amis du théâtre Garonne et Isabelle Luccionni, metteur en scène de la pièce "Les quatre jumelles" à l'occasion d'une période de résidence au théâtre Garonne

Biographie

La Compagnie Isabelle LUCCIONI, créée en 1994, est devenue Compagnie OUI, BIZARRE en 2006. Formée par Michel Mathieu, Isabelle Luccioni s’est tournée vers la mise en scène en 1994, avec une adaptation à la scène d’un roman de Bohumil HRABAL, Une Trop Bruyante Solitude, interprétée par René Gouzenne : un vif succès à Avignon et plus de 300 dates en France et l’étranger. Dans son approche du théâtre, elle recherche une écriture de plateau à partir de la lumière, de la vidéo, du son, et du corps de l’acteur. Elle crée par la suite de nombreux spectacles dont Rencontre avec Bram Van Velde de Charles Juliet en 2000, Le Mensonge de Nathalie Sarraute en 2001-2002 et Tout doit disparaître (C’est magnifique) au théâtre Garonne à Toulouse, avec des auteurs comme Olivier Cadiot, Jean-Charles Massera....
En avril 2015, Isabelle Luccioni crée au théâtre Garonne (dans les galeries souterraines) Ulysse(s) d’après le monologue de Molly Bloom de James Joyce.

Copi (né Raul Damonte Botana) né en 1939 à Buenos Aires et arrive à Paris en 1962. À partir de 1964, il met en scène dans le Nouvel Observateur la célèbre Femme assise dont le dialogue troué de silences avec un poulet, un escargot ou un rat, qui deviendra l’animal emblématique de toute l’œuvre, inaugure un théâtre minimal à travers le dessin humoristique, Copi s’affirme d’emblée comme un dramaturge. Comme sous l’ambiguïté du travesti, le jeu des miroirs de la gémellité place son théâtre sous le signe de la perte et de la quête d’identité. Il écrit Les quatre Jumelles en 1979.  Copi puise délibérément dans les stéréotypes des genres considérés comme mineurs, pour tirer de leur juxtaposition et de leur accumulation des effets de dérision. Copi décède le 14 décembre 1987 à Paris du sida. Le 11 décembre 1987, la ville de Paris lui décerne le grand prix de Littérature Dramatique.

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