Gameboy

Sylvain Huc

Workshop et restitution
5avr
vendredi 5 avril 2019 / 19:00

Gameboy prend la forme d’un workshop d’une semaine mené par Sylvain Huc, avec des hommes de tous âges et de tous horizons. Ensemble, ils interrogent images, représentations, et plasticité de leur corps. En point d’orgue, le travail fait l’objet d’une restitution publique.

Il y aurait aujourd’hui une crise du masculin et des hommes. C’est du moins le diagnostic alarmiste propagé par les médias, réseaux sociaux, forums ou essais polémiques. Cependant, la récurrence historique du thème de la crise de la masculinité peut laisser perplexe. La rhétorique de crise semble alors beaucoup plus souligner le rôle de ce motif comme instrument de résistance vis-à-vis de l’évolution des rapports de genre. Et si la crise semble être le mode premier de la masculinité et donc l’outil de son affermissement et non la marque de son affaiblissement, que peut-on dire aujourd’hui du masculin ? Il serait tout autant trompeur de réduire au masculinisme toute posture réflexive vis-à-vis de la masculinité. Incontestablement, les hommes jouissent toujours de privilèges face aux femmes. Et c’est bien leur propre domination  qu’ils subissent plus qu’un féminisme suspecté de les empêcher de s’accomplir en tant qu’hommes. Mais plutôt que de voir les hommes cantonnés à une place de spectateurs rétifs vis-à-vis des changements sociétaux, ne peut-on pas les voir comme les agents actifs de leur nécessaire émancipation ? Gameboy use des stéréotypes pour mieux dépasser la satire et interroger ce que signifie être un homme aujourd’hui. Car il n’y a aucun fatalisme à en être un.

conception, chorégraphie, lumières Sylvain Huc
avec Paul Roquecave, Victor Lattaque, Léo Pentecote, Roland Lafon, Xavier Constans, Clyde Bivigu, Jean-François Gilède, Alexandre Grué, Yassine Diallo et d’autres...
production et de diffusion Adeline Polge
créé avec le soutien du CIAM université Jean Jaurès de Toulouse et présenté lors du festival À corps à Poitiers en avril 2016, puis à la Fabrique et au centre culturel Alban Minville à Toulouse. Gameboy a fait l’objet d’une reprise incluant de nouveaux danseurs grâce aux soutiens de la Sala Hiroshima à Barcelone et de l’Institut Français de Barcelone en décembre 2016. En juin 2017, l’Espace Matadero à Madrid accueillait le projet en y intégrant 6 danseurs de la Cia Nacional de Danza avec le soutien de l’Institut Français de Madrid. En juillet 2017, Gameboy est présenté au festival d’Avignon, soutenu par l’Université Fédérale de Toulouse Midi-Pyrénées, le CFVU de l’Université Toulouse Jean Jaurès, la Ville de Toulouse et accueilli par l’université d’Avignon et des Pays du Vaucluse, Campus culture, dans le cadre de Supramuros. 

La Cie Divergences est subventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Occitanie au titre de «l’aide à la structuration». Elle est conventionnée par la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, soutenue par le Département du Lot et la Communauté de Communes Cazals-Salviac.

  • Entrée libre sur réservation

Après une formation universitaire en histoire et histoire de l’art, c’est de manière abrupte et inattendue que Sylvain Huc découvre la danse contemporaine. Il intègre alors la formation du CDC de Toulouse en 2003.
Après un parcours d’interprète, il prend la direction de la compagnie Divergences en 2014. Son travail se caractérise par une approche avant tout physique et très attachée au corps plus qu’à la danse proprement dite.

Sa première création, Le Petit Chaperon Rouge, pose les bases d’un travail chorégraphique singulier qui privilégie le corps, ses états, sa consistance en interaction très forte avec le son et la lumière. Rotkäppchen, déclinaison adulte du même conte meurtrier, poursuit l’exploration de ce travail charnel entre érotisme et cruauté. Vient ensuite Kapput, pièce pour quatre interprètes qui s’attache au motif de l’échec et du ratage. Enfin Boys don’t cry en 2016, explore le viril, ses injonctions, ses impasses et ses fragilités. Dans le prolongement de ce travail sur le masculin, Sylvain Huc crée Gameboy la même année avec un groupe d’étudiants toulousains lors d’un laboratoire de recherche. Ce projet à la fois pédagogique, participatif et artistique acquiert aujourd’hui une dimension internationale en s’exportant et en intégrant des étudiants étrangers.