29 > 30 novembre 2019

Chamonix

Eric Lareine
en étroite collaboration avec Garnoiuze

Dossier de presse

Chamonix

Eric Lareine

«Un ingénieur et une fée s’aimaient d’amour tendre
l’eau et l’électricité s’aimaient d’amour tendre
la science et la poésie s’aimaient d’amour tendre
mais comment s’y prendre,
mais comment s’y prendre»

Indiscipliné mais transdisciplinaire (car, dit-il « la consanguinité m’épuise »), Éric Lareine fait depuis longtemps feu de tout bois : rock, blues, chanson, théâtre... Aux côtés de son complice Pascal Maupeu – et sous la direction du hollandais Matthias de Kooning, de la compagnie Discordia – il avait créé à Garonne voici quelques années Ellis Island d’après Perec, belle pérégrination aux portes d’un Nouveau Monde en train de s’inventer. C’est ici avec Garniouze qu’il imagine un autre nouveau monde, celui précisément de l’inventeur Aristide Berges, ingénieur ariégeois, concepteur des premiers systèmes de production d’énergie hydraulique. Une histoire d’eau, donc, qui trouvera naturellement son écrin à Garonne, qui fut un temps une station hydroélectrique... L’histoire impure d’un fils en rupture de ban, d’un mariage clandestin, d’une fée bientôt trahie, et de la vengeance qui s’ensuivit. Une histoire qui encore cherche sa forme – comme les torrents pyrénéens – et qu’Éric Lareine décrit pour l’heure ainsi : « Eric Lareine a écrit tous les textes, il vous les chantera. Pascal Maupeu en a écrit la musique et jouera à la guitare. Nicolas Le Moullec à la basse et Colin Neveu à la batterie, Loïc Laporte à la guitare, au banjo, au saxophone et tout le reste, nous prêterons mains fortes. Toute l’allure d’un groupe de rock. Nous travaillerons avec le dit Garniouze, comédien de rue, metteur en scène de rue et artiste du même métal. Quelle forme prendra alors ce grand œuvre ? Un mélodrame, un oratorio ? Un opéra de poche, un pocket-opéra ? Un rocket-opéra ? En tous cas, une bombe. »

Musique
29 > 30 Novembre
ven 29 nov / 20:30sam 30 nov / 20:30
présenté avec l'Usine
 et la participation du festival 
Détours de chant
durée
Création Garonne / Coproduction
Tarifs de 10 à 25€
Chamonix

Note d'intention d'Eric Lareine

Il n’y a pas de hasard et les coïncidences sont toutes suspectes.
Mais lisez attentivement ces deux biographies et vous constaterez avec moi
qu’il y a là de quoi écrire une histoire à vous tourner la tête en boucle.

 

ERIC LAREINE
De ma vie je n’ai jamais éteint une ampoule. Dès le berceau, électricité et romance furent étroitement liées, mon père guitariste-ingénieur EdF et ma mère princesse Piémontaise en exil, JS Bach et Bella Ciao. Tout bascule soudain, ce jour de 1966 où j’achète mon premier vinyle de rock. Dès lors la guitare sera définitivement électrique et les amplis soudés à 12. Mais le vrai conflit éclatera dans les ‘70. Mon père est pour, je suis contre le nucléaire civil et militaire. Je quitte la maison, épouse une montagnarde et fonde mon premier groupe de rock incivil et non violent.

ARISTIDE BERGES
Quelle histoire, celle d’Aristide Bergès, ingénieur ariégeois, fils de papetier en rupture de ban qui mit au point la production d’énergie hydraulique, et inventa en 1889 le terme de Houille Blanche. Sans le consentement de ses parents, il épouse, en l’église St Georges Martyr, à Londres, Maria Hada Pé d’Auco Cardailhac, une hada, une fée Pyrénéenne, aux pieds palmés. Et la Fée Électricité lui confiera le secret des torrents, de la chute. Bien sûr, il va la trahir. Bien sûr, il affrontera sa colère, il connaîtra le partage des eaux, puis s’éteindra, non sans avoir éclairé toute une vallée et fondé une école d’ingénieur. Celle que fréquenta mon père et dont il obtint le diplôme.

 

Dans les deux cas il est question de mésalliance.
Entre mathématique et féerie, science et poésie, nous arrangerons un mariage qui dérange.
Les mathématiques pures, comme les littératures pures, nous amènent inévitablement
à la race pure. Et la race pure est anti-vie.
Nous sommes indisciplinés, nous serons transdisciplinaires, car la consanguinité nous épuise.
Abâtardissons l’art vivant et il sur-vivra.

 

Note d'intention de Pascal Maupeu

Août 1997, à l’aube d’une décision qui allait changer ma vie (faire de la musique mon métier), je me retrouve au festival d’Uzeste. Le programme indique la présence d’un chanteur inconnu, un certain Eric Lareine, qui d’après le texte de présentation semble, comment dire… différent. Voire unique. Dubitatif et narquois, je me rends au spectacle du soi disant phénomène. J’en ressort émerveillé, abasourdi, frisson et sourire béat. Une sacré claque. Huit ans après, Eric et moi faisons connaissance et commettons ensemble notre premier forfait sous la plume de la dramaturge-comédienne performeuse Nadège Prugnard, une dingue (elle aussi) dont nous parlons encore aujourd’hui. Depuis nous ne nous sommes plus quittés ou presque. Des dizaines de concerts, deux albums, pas mal de rencontres et de collaborations, un bon nombre de lectures musicales plus tard (Perec, Nik Cohn, Robert Wyatt…), il nous est apparu comme évident qu’il était grand temps d’écrire Le Grand Oeuvre, notre Grand Oeuvre à Eric et moi, une histoire forcément insensée, émouvante, absurde, intrigante, qui si possible nous émerveillerait, abasourdis, frissons et sourires béats. Il sera donc conté la vie d’Aristide Bergès, industriel et ingénieur fameux du 19è siècle. Attention, une histoire à la Lareine avec ses méandres, son humour savamment distillé, ses sautes d’humeur, rien de tiède, on n’est pas chez Wikipédia ici. Ca c’est pour l’écriture. Car il y aussi l’interprétation, les voix d’Eric, du murmure fragile au cri écorché vif, du blues éraillé au chant quasi opératique. Comment répondre à tout ça, avec juste 6 cordes, quelques pédales d’effet? Je l’ai vite compris : il fallait passer à la surmultipliée. Le fantasme du musicien à 40 bras, qui décide de TOUT, chaque note, chaque impulsion, nuance, non, rien ne lui échappera. Et là à ce moment là ce serait super qu’il y ait un passage à la Led Zep 3 (la face B, folk), ou qu’ici tiens on pourrait évoquer avec ces notes à l’octave les tensions sidérantes du King Crimson de « Starless ». Face A, face B, version live avec « mes meilleurs musiciens » , ceux qui peuvent jouer avec chacun dix bras (quatre musiciens en tout, le compte y est). Et cette drôle d’impression d’être toujours resté en août 1997, toujours fan, celui qui regarde la scène et qui se dit qu’il aimerait tellement, un jour, être à côté de ce chanteur différent.
Voire unique.

ChamonixEntretien

Entretien avec Eric Lareine

Dans votre note d’intention nous comprenons que votre vie est liée à celle d’Aristide Bergès. Est-ce un projet autobiographique ?

Suis-je Aristide Bergès ? Non. J’ai fait la connaissance d’Aristide Bergès il y a cinq ou six ans à l’occasion de l’inauguration de Job, le bâtiment Amiral du fameux papetier Job, qui est devenu depuis une école de musique, une maison des jeunes et une piscine, si je ne m’abuse…  J’ai été chargé d’organiser l’inauguration de ce nouveau bâtiment. C’est pour ça que je suis allé me promener en Ariège pour visiter des usines de papèteries, et je suis arrivé à  Lorp-Sentaraille, là où Pierre Bergès, père d’Aristide Bergès avait sa papèterie. Là-bas, j’ai fait la connaissance des gens qui s’occupaient  du musée d’Aristide Bergès, qui est un observatoire de l’imprimerie et du graphisme et du papier. Un des anciens ouvriers de son père  m’a raconté la vie de la papèterie et la vie d’Aristide, que je raconte dans ce spectacle. Je me suis rendu compte qu’il avait terminé sa vie au-dessus de Grenoble où il avait son usine à papiers, là où il a fait toutes ses expériences et là où il a théorisé l’électricité hydraulique. Il a fini sa vie en fondant une école d’ingénieur à Grenoble et il s’avère que c’était l’école que mon père, ingénieur, avait faite et dont il a été diplômé. Voilà en quoi l’histoire est autobiographique. Et aussi pour la bonne raison que mon père a fait toute sa carrière à EDF, et que sa famille a vécu au rythme D’EDF durant de longues années… Et donc l’électricité nationale coule dans mes veines, sans compter qu’évidemment pour pouvoir faire du Rock’n roll, si on n’a pas d’électricité on est quand même un peu embêté.

Vous écrivez les textes, Pascal Maupeu compose la musique. Comment travaillez-vous ensuite ensemble au plateau ? Et vous faites appel à un comédien (Garniouze) pour Chamonix. Quel est son rôle ?

Alors oui, j’écris les textes et Pascal Maupeu a composé la musique et a fait tous les arrangements. Ensuite Pascal a constitué un groupe, et a choisit les musiciens, deux de Tour (Colin Neveux et Nicolas Le Moullec), et un toulousain (Loïc Laporte). Comment ça se passe sur le plateau ? Moi je vais être très préoccupé par la partie narrative, c’est-à-dire que je vais tenir le propos et soutenir toute cette histoire et Pascal va continuer à diriger musicalement toute l’œuvre. Voilà comment on va travailler, et c’est pour ça que j’ai fait appel à Garniouze qui, au-delà d’être un comédien est aussi un metteur en scène de théâtre de rue. Pourquoi avoir choisit un metteur en scène qui vient du théâtre de rue ? Parce qu’à l’origine mon idée était de présenter la vie d’Aristide Bergès sous la forme d’un opéra qui aurait eu lieu dans la rue avec des batailles de chorales, avec des effondrements de cathédrale… Une espèce de truc assez ambitieux auquel j’ai renoncé parce que j’ai passé l’âge de diriger une troupe de 120 personnes et qu’il était plus simple de raconter l’histoire sous forme d’un concert-spectacle. Garniouze, dans la mesure où je ne peux pas être de l’autre côté du plateau, est notre interlocuteur privilégié à la mise en scène.

Pouvez-vous parler de la scénographie qui  semble s’axer sur une grande mobilité et sur des usages multiples ? Comment a-t-elle été pensée ?

Il y aura un accessoire central qui consiste en un en panneau de plexiglas monté sur pieds et roulettes, et sur lequel je vais peindre, d’un côté ou de l’autre, à l’aide de blanc d’Espagne de façon à pouvoir raconter graphiquement cette histoire. C’est un accessoire qui a été mis au point par Mathieu Bonny, directeur technique du Royal de luxe. C’est un panneau qui va pouvoir s’effacer rapidement puisqu’il sera, à volonté, arrosé d’un côté comme de l’autre par de l’eau. Ce panneau va être associé à un vidéoprojecteur qui va projeter des images sur le panneau. Je vais les peindre et avec le recul dont on dispose, en particulier à Garonne, on aura un effet de loupe :  le panneau fait 2x1 mètre, par contre l’image va pouvoir faire 6 à 7 mètre à l’arrière-fond de scène. Ce n’est pas super sophistiqué comme dispositif mais ça a le mérite d’être efficace et de faire des grandes lettres. Je vais pouvoir (j’adore faire ça) montrer tout ce que je sais faire : le comédien, le chanteur et le peintre en lettres.

La structure du vinyle (composition de la face A et de la face B), me fait penser à un schéma narratif… Finalement rien n’est laissé au hasard du plateau jusqu’au vinyle, c’est ça « Le Grand Œuvre » dont parle Pascal Maupeu ?

C’est vrai que la structure narrative est basée sur le principe du vinyle, c’est-à-dire le disque noir qui tourne et que l’on gratte à l’aide d’un diamant et qui comporte deux faces (la A et la B). Sur ce disque que nous envisageons avec Pascal, il y aura sept chansons sur la face A et deux seulement sur la face B. La première étant un long morceau de 17 minutes qui raconte toute l’histoire d’Aristide Bergès et en prime, un autre morceau, plus rigolo pour que ça finisse bien. Alors effectivement, une des premières questions que j’ai posées à Garniouze quand on a parlé d’adapter tout ça pour la scène c’est : « comment allons nous faire pour retourner le disque au milieu du spectacle ? » Et donc toute notre problématique de mise en scène se trouve là. Nous avons choisit pour présenter la vie d’Aristide Bergès, un genre de métaphore, c’est-à-dire que le plateau va être transformé… La référence scénographique c’est la salle de conférence de PIXAR : dans les bonus de ces films d’animation, généralement on assiste à la première conférence où le réalisateur/concepteur du film fait une démonstration et raconte toute son histoire à base de croquis punaisés contre les murs représentant des extraits d’animations. La scénographie va ressembler un peu à ça, c’est-à-dire que le panneau en plastique va figurer les murs sur lesquels sont punaisés les images, mais les images je vais les fabriquer au fur et à mesure au pinceau et je vais raconter mon histoire comme si on constituait le personnel de la maison qui doit s’engager dans cette entreprise. J’espère que je suis clair…
De cette façon, dans la mesure où je suis enthousiaste et agité, je vais faire feu de tout bois, et à un certain moment, je me ferai comprendre à l’aide de dessin, de chansons, de notes biographiques d’Aristide Bergès. Puis, m’apercevant que je suis en train de me marcher sur les pieds, comme là, à l’instant et de ne pas arriver au bout de mon explication… Je ferai un break et je dirais «  bon, maintenant, je vais raconter la vraie histoire d’Aristide Bergès » et c’est le moment où je tourne le disque et c’est là que j’attaque la chanson de 17 minutes. Voilà toute l’explication de la scénographie et donc du Grand Œuvre, parce qu’en fait, c’est une histoire que j’ai en tête depuis six ans. Je suis passé par toutes sortes d’étapes pour me concentrer sur ce que je sais faire, c’est à dire raconter une histoire en chantant et en gesticulant comme un forcené.

Il y a quelque chose de l’ordre du transport (au sens de l’émotion) dans la manière dont vous mettez en voix le texte, mais aussi dans les différents mouvements musicaux composés... Chamonix serait l’expression même de l’exaltation de la science, de la magie et de l’amour ?

Oui, c’est un spectacle émotif, je ne sais pas bien faire autrement. Ca traite en effet de l’exaltation, de la science et de la technique mais l’exaltation au sens de l’hystérie. C’est-à-dire jusqu’où la foi en la science peut mener… Parfois jusqu’à la catastrophe, puisque en fait la carrière d'Aristide Bergès se termine assez mal : il trahit son épouse, qui je rappelle est une fée qui a les pieds palmés. Alors oui, effectivement il y a l’exaltation de magie, plutôt de féérie et aussi une très belle histoire d’amour entre la fée et l’ingénieur. Mais je pense surtout que c’est un spectacle qui va traiter de ce que c’est que d’être un ingénieur, et de résoudre des problèmes techniques en ayant foi en la technique. Pour peu qu’il y a un problème, par exemple, l’énergie nucléaire… C’est maléfique, c’est très propre, mais le problème c’est « qu’est-ce qu’on fait des déchets et à ce moment-là ?». La réponse de l’ingénieur, invariablement, c’est «  mais de toute façon, d’ici-là, on aura trouvé une solution ». Donc c’est la foi en la science qui mène à la catastrophe. D’une certaine façon, c’est un hommage à mon père, puisque mon père a vendu beaucoup d’électricité nucléaire, et qu’on s’est bien brouillés à ce propos. Mais c’est aussi une métaphore sur l’ingénieur et sur le fait que sa confiance en la science peut l’emmener jusqu’à l’aveuglement. Alors, oui, c’est beau un ingénieur qui invente, c’est très beau, plein d’enthousiasme, les yeux brillent… et puis des fois ça fabrique des barrages qui engloutissent des pays entiers et ça fabrique une énergie nucléaire qui peut-être recouverte entièrement par un tsunami.

Entretien avec Eric Lareine, réalisé par Pauline Lattaque, septembre 2019

Eric LareinePortrait

Louis André, Aristide Bergès, une vie d'innovateur. De la papeterie à la houille blanche. 

"Aristide Bergès (1833-1904), ingénieur, papetier, pionnier de l’hydroélectricité dans les Alpes est un personnage incontournable dans l’histoire de l’industrie française. Issu d’une famille de papetier, il obtient son diplôme de l’École Centrale des Arts et Manufactures à Paris et participe aux travaux de modernisation de l’usine paternelle. Le jeune homme pense légitimement travailler dans le moulin familial après l’obtention de ce diplôme, mais ce ne sera pas le cas. Des années de violentes rivalités entre le père et le fils s’augurent alors. Aristide travaille successivement dans plusieurs compagnies de construction de chemin de fer en France et en Espagne, ainsi que dans la Compagnie générale des asphaltes à Paris. Durant toutes ses années de tribulation professionnelle, le réseau des anciens élèves de l’École Centrale s’avère déterminant, lui ouvrant de nombreuses portes. Il entre plusieurs fois dans le domaine de la papeterie en tant qu’associé dans des usines, ou encore en tant que concepteur et installateur de machine outils innovantes.
À trente-huit ans, il franchit le pas et devient seul propriétaire de son usine située à Lancey (Isère) pour la première fois de sa carrière, réalisant ce projet caressé de longue date. Cette usine devient peu à peu la nouvelle usine familiale, les cinq enfants d’Aristide prenant une place importante dans la vie et le développement de la fabrique. Ses fils entament l’un après l’autre des carrières d’ingénieurs, suivant la ligne tracée par leur père, et sa fille devient la mémoire vivante et l’archiviste de l’entreprise.
Ingénieur, chef d’entreprise, mais également généreux et altruiste, Aristide Bergès emploiera cette force motrice pour alimenter un réseau électrique destiné à éclairer toute la vallée du Grésivaudan.
Pionnier dans son domaine, Aristide Bergès l’a aussi été dans celui de l’hydroélectricité. Exploitant dès la création de son usine la force motrice de chutes d’eau, il ira jusqu’à créer des chutes artificielles, beaucoup plus hautes, permettant une production électrique nettement plus importante.
Un des autres aspects retenus par l’auteur est l’importance de l’hydroélectricité dans l’usine de Lancey. Aristide ayant travaillé dès son installation dans la vallée avec les chutes d’eaux, il développa un réseau de chutes artificielles provenant de lacs d’altitude afin d’obtenir plus de force motrice pour l’alimentation de son usine. L’électricité faisant également son apparition dans les villes et les logements, il décida de fournir cette énergie aux habitants de la vallée, moyennant une coquette rétribution.
Aristide Bergès, ingénieur certes, mais également homme d’affaires, homme politique pendant un temps à Grenoble où il s’était installé avec sa famille, et philanthrope, propagateur et diffuseur de progrès."

Noémie Boeglin, « Louis André, Aristide Bergès, une vie d’innovateur. De la papeterie à la houille blanche »

 

Eric Lareine débute sa carrière artistique en 1981, comme comédien et danseur dans la troupe de la chorégraphe Katja Cavagnac. De 1984 à 1987, il est auteur, interprète et harmoniciste du groupe Récup’Verre. Il participe au Printemps de Bourges en 1989 avec son groupe et ponctuellement aux spectacles de la compagnie Royal de luxe.
Dans les années 1990, il publie avec la complicité du pianiste Mingo Josserand trois albums qui établissent sa réputation dans le métier : l’inaugural Plaisir d’offrir, joie de recevoir en 1992, L’Ampleur des dégâts en 1994, album mi-studio mi-public et J’exagère en 1996. Parallèlement, il crée plusieurs spectacles pour la scène : La Rue de la sardine en 1990, adapté de John Steinbeck, Le Grand Tamour en 1991-92, Opéra Nostra en 1995, adapté de The Beggar’s Opera de John Gay. Dans les années 2000, Éric Lareine continue d’écrire pour la scène (Déshabillez-moi, textes à danser, avec la Cie de danse Christiane Blaise à Meylan-Grenoble en 2002) mais évolue surtout dans le milieu du jazz et des musiques improvisées, en collaborant notamment avec des musiciens tels que Denis Badault (création du Duo Réflex en 2001), Bernardo Sandoval (création du Requiem enfantin dans le cadre du Marathon des mots au Théâtre National de Toulouse en 2004) ou Denis Charolles et la Campagnie des Musiques à Ouïr (le spectacle À corps-désaccorps en 2004, Au lustre de la peur avec les Jeunesses Musicales de France en 2006), et de 2009 à 2012 le spectacle Les Étrangers familiers en hommage à Georges Brassens, cochanté avec Loïc Lantoine.
En 2009, Éric Lareine crée le groupe Leurs enfants, il repart en tournée et publie en 2010 après quatorze ans de silence discographique, un nouvel album salué par la critique. Éric Lareine sort en octobre 2012 son cinquième album, intitulé Embolie. À l’automne 2013, il enregistre avec le pianiste Denis Badault le répertoire en partie remanié pour l’occasion du Duo Réflex, l’album, intitulé L’Évidence des contrastes, est publié en avril 2014 et reçoit là encore des critiques élogieuses. L’année 2015 est intense, il joue au théâtre le rôle d’un éleveur de vaches laitières et une vieille cassette de Chet Baker dans une pièce Lars Noren, Le Temps est notre demeure. Avec Denis Badault, il batit un répertoire de Mélodies Françaises, intitulé Méloditions. Et la même année, il crée au théâtre Garonne, en compagnie de Pascal Maupeu, une pièce musicale tirée d’un texte de Georges Perec, Ellis Island, avec une mise en scène de Matthias de Koenig (Discordia, TG stan).