20 mars > 9 avril

In Extremis 2018

un festival de découvertes

musique
poésie
danse
théâtre
installation
voyage en bus & sortie de résidence

In Extremis 2018

Le parcours que nous vous proposons cette année durant ce mois in extremis, du 20 mars au 9 avril, est placé sous le signe de la rencontre des étranges. Ouvrir les yeux alors que précisément on les ferme le temps d'un Cillement de Dupont; passer sans sourciller d'une musique des origines à l'exploration contemporaine de la tradition lors des soirées Si proche Orient; rire jaune de l'humour subversif et non moins corrosif de la performeuse australienne Nicola Gunn; écouter ce que n'a pas fait mais aurait dû faire Mladen Materic; assister à la rencontre du hip-hop des danseurs de Beltrão avec la danse contemporaine de Fabrice Ramalingom; se laisser posséder par la transe du sorcier Albert Silindokuhle Ibowe Khoza chez Robyn Orlyn; comprendre la poésie de l'autiste sans parole Babouillec grâce à Pierre Meunier et Marguerite Bordat; entendre le jazz de Nougaro répercuté par les mots d'Yves Charnet et le trio Dupeyron, Padovani, Bruel; dire une lettre à David Geselson alors que l'on ne pouvait pas l'écrire; ou bien prendre le bus pour un voyage intérieur avec Les 198 os... Ce mois signe la fusion des contraires, la rencontre des improbables... venez vous frotter avec nous à cet inconnu étrange, nous funambulerons sur le fil tendu de l'adversité !

Si proche Orient

Mirabelle Wassef
Sylvain Kassap
Le Cri du Caire
Revolutionary Birds
Souad Asla
Moneim Rahma
Mounir Troudi

CETTE SAISON, IN EXTREMIS INVITE BLAISE MERLIN – DIRECTEUR ARTISTIQUE DU FESTIVAL LA VOIX EST LIBRE – À ACCUEILLIR À TOULOUSE DES SONS ET DES MOTS D'ARTISTES, POÈTES ET MUSICIENS AYANT FUI LA RÉPRESSION ET LES CONFLITS POUR POUVOIR CONTINUER À EXERCER LEUR ART LIBREMENT, EN PORTANT LA PAROLE ET L’ÂME DE LEURS PEUPLES.

Bon nombre de réfugiés d’hier et d’aujourd’hui, arabes, juifs, berbères ou touaregs venus du Liban, d’Egypte de Palestine, de Syrie ou du Soudan, sont les dépositaires d’une tradition poétique et musicale belle et bien vivante malgré les blessures, plus que jamais éprises de liberté, de mysticisme et de rêve. Certains d’entre eux ont été découverts dans leur pays d’origine via le festival La Voix est Libre itinérant, à l'image d’Abdullah Miniawy, jeune poète-slameur, chanteur soufi et porte-voix de la révolution égyptienne. D’autres, comme le journaliste, penseur et poète soudanais Moneim Rahma, ont été rencontrés en France dans les structures d’accueil, ou via nos amis musiciens ayant été contraints à l’exil comme la chanteuse Noma Omran... Au-delà de la richesse exceptionnelle de ces exilés poétiques croisant les « savoirs-frères » de l’Orient, de l’Europe, de l’Afrique, du monde Indo-Persan, des soufis ou des coptes en passant par le yiddish ou les cultures andalouses, cette démarche de rencontre fait plus que jamais sens avec les combats que nous menons, à un moment où nous devons répondre présents face à des enjeux fondamentaux en matière de liberté de création, d’invention, de circulation, mais aussi d’exigence de paix, d’ouverture et de dialogue.

PROGRAMME

MARDI 20 MARS

Laylati / Ô ma Nuit Poètes contemporaines d'Orient

Mirabelle Wassef jeu, voix
Sylvain Kassap clarinette

Ce tandem révèle à coeurs ouverts et gorges déployées la poétique de résistance de ces femmes syriennes, iraniennes et égyptiennes, qui, du début du 20ème siècle à nos jours, incarnent la rage de vivre, l’amour, la dignité et le courage des réfractaires, de Joyce Mansour à Maram Al Masri.

Le Cri du Caire France-Égypte

Abdullah Miniawy textes, chant
Peter Corser saxophone, clarinette, voix
Karsten Hochapfel violoncelle

Chanteur soufi, écrivain, poète et slameur devenu porte-voix de la jeunesse égyptienne pendant la révolution de 2011, Abdullah Miniawy fascine par sa voix hypnotisante, son mélange unique de rock, de mysticisme et de jazz, tantôt punk, psychédélique, séculaire et avant-gardiste.

 

MERCREDI 21 MARS

Revolutionary Birds France/Tunisie/Liban - Création La Voix est Libre
Erwan Keravec cornemuse
Mounir Troudi chant soufi
Wassim Halal percussions

En faisant rimer liberté et spiritualité, les chants soufis virtuoses de Mounir Troudi s’élèvent à la vitesse de la lumière vers les cornemuses vrombissantes d’Erwan Keravec et les rythmes savants de Wassim Halal. Mêlant inspirations individuelles et aspirations collectives, leur musique se fait promesse de richesses, d’expériences et de beauté.

Lemma Chants de femmes du désert algérien
Souad Asla direction artistique, chant
Hosni Hasniat (dite Hasna El Becharia) Guembri, banjo, chant
Chedad Sabrine, Chedad Ismahan, Tahri Aziza, Kherabi Zohra, Hosni Hasniat chants, percussions
+ Moneim Rahma (Soudan) textes, voix 
Mounir Troudi chant

Venues du petit village de Taghit, dans le Sud Algérien, où a lieu, tous les vendredis depuis des siècles, des Hadra (réunions) de femmes, elles chantent, jouent et s’entraident dans un espace de liberté où la musique devient aussi un combat social, culturel et éducatif. D’une ôde spirituelle à la transe générée par un sens des rythmiques prodigieuses, elles révèlent un héritage musical fascinant qui prend ses racines en Afrique Noire pour s’épanouir dans tout le Maghreb.

Moneim Rahma est un poète, écrivain, acteur et journaliste soudanais d’origine Touareg, qui s’est enfui et réfugié en France après avoir été arrété, torturé et condamné à mort pour ses écrits.

Musique
20 > 21 Mars
mar 20 mar / 20:00mer 21 mar / 20:00
théâtre Garonne
durée
de 10 à 22 €

Piece for person & ghetto blaster

Nicola Gunn [Australie]

Q – COMMENT TROUVEZ-VOUS VOTRE INSPIRATION ?
NICOLA GUNN – EN PENSANT À DES CHOSES MINUSCULES ET BANALES.

Cette artiste merveilleusement excentrique, séduisante et espiègle a créé un spectacle hypnotique et inoubliable. The Herald Sun

Voici quelques années, Nicola Gunn aperçoit dans un jardin public un homme jetant des pierres sur un canard, assisté de son fiston qui le fournit en munitions. S’ensuit une violente altercation, avant que la jeune femme ne tourne les talons et laisse les deux mâles à leur piteuse distraction... Cette anecdote est devenue l’amorce du monologue Piece For Person And Ghettoblaster – entre rage, dégoût, et sarcasmes corrosifs – délivré sur fond de musique électro syncopée, et dans un flux constant de mouvements savamment chorégraphiés. Une pièce parlée-dansée où le « canardage » se mêle à une critique aigüe de la domination masculine, où des digressions incongrues sur Hercule Poirot télescopent des pointes sardoniques sur l’art dit « engagé ». Au final, une exploration hilarante et glaçante des origines de la violence, et des moyens d’y remédier. Ou pas…

en anglais surtitré

conception, texte & interprétation Nicola Gunn chorégraphie Jo Lloyd
musique & création sonore Kelly Ryall

Basée à Melbourne, Nicola Gunn est interprète, dramaturge et metteure en scène. Depuis 2002, elle réalise des œuvres qui mêlent performance, art et anthropologie, explorant la fragilité de la condition humaine avec un humour subversif. Elle se sert de la scène pour réfléchir de manière critique à la fonction sociale de l'art lui-même. Collaboratrice de nombreux artistes australiens, elle était notamment dramaturge sur le spectacle Erotic Dance de Luke George, présenté dans In Extremis 2016.

Théâtre
23 > 24 Mars
ven 23 mar / 20:00sam 24 mar / 20:00
théâtre Garonne
durée 1h10
TARIFS : DE 8 à 22 €

Mladen Materic

Mladen Materic
Théâtre Tattoo

Confessions personnelles
sur ce qu'on a fait
et surtout
sur ce qu’on aurait dû faire
et qu'on n’a pas fait

Dans une structure irrégulière ,
qui monte en descendant,
qui se complique en se simplifiant….

et :
« Le petit devient grand
et le grand petit,
le futur devient passé,
le plaisir devient douleur.

Devant mes yeux
le proche devient lointain ou le lointain proche, 
les gens se transforment en animaux, 
un rien devient un rien du tout
et peu après
un rien du tout devient tout.

En plein jour je regarde comment le singulier devient pluriel,

l'amour devient haine et la haine amour, 
un oui devient un non,
un non devient peut-être, peut-être jamais
et jamais devient ce soir. » 

 

Depuis son installation à Toulouse en 1992, le Théâtre Tattoo de Mladen Materic, originaire de Sarajevo, a créé la majeure partie de son répertoire au théâtre Garonne, de Jour de Fête (1993) à Pour Vera Ek (2014). Son langage scénique, très singulier, se passe de mots pour interroger l'essentiel des relations humaines, les accidents de la vie, ses drames, ses joies. La dernière production de la compagnie, L'heure où nous ne savions rien l'un de l'autre d'après Peter Handke a été réalisée avec le Théâtre National de République serbe de Banja Luka en 2016.

Avec Haris Resic
Conception, décor et mise en scène Mladen Materic
Lumière Fred Stoll
Son Pierre - Olivier Boulant
Plateau Thomas Talon
Production théâtre Garonne- Toulouse, Théâtre Tattoo- Toulouse

Théâtre
23 > 24 Mars
ven 23 mar / 18:30sam 24 mar / 18:30
théâtre Garonne
durée 1h environ
entrée libre entre 18h30 et 20h (séquences de 25 min. environ)

Nos, tupi or not tupi

Fabrice Ramalingom [France - Brésil]

"J’AI ENVIE DE FAIRE AVEC CES DANSEURS BRÉSILIENS UNE PIÈCE D’UNE ÉCRITURE ULTRA PRÉCISE, RIGOUREUSE AVEC UN MÉLANGE DE PUISSANCE ET DE RAFFINEMENT, D’ÉCOUTE ET D’ATTENTION. MAIS AUSSI L’IDÉE DU PORTRAIT POUR CHACUN D’EUX ME POURSUIT. DES HOMMES QUI ONT UNE VIE, UNE CONDITION PAS TOUJOURS FACILE, QUI VOIENT LE MONDE À LEUR FAÇON ET S’EN SORTENT GRÂCE À LA DANSE, ET SE LIENT AUX AUTRES GRÂCE À LA DANSE, AUSSI." FABRICE RAMALINGOM.

Les langues tupi constituent une famille de langues amérindiennes d'environ 70 langues parlées par différents peuples natifs du Brésil, les Tupis et les Guaranis, dans la forêt amazonienne, et au Paraguay. Le tupi (ou tupi-guarani) a légué des milliers de mots au lexique du portugais et quelques dizaines au français, principalement des noms d’animaux et de plantes : ara, cajou, jaguar, maraca, pétunia, piranha, sagouin, tamandua, tapir, tatou, toucan, etc...

NOTE D’INTENTION
La notion d’émancipation traverse mes œuvres et s’inscrit comme un axe fondamental de ma démarche. J’aime l’idée que l’on a le pouvoir de se libérer d’une situation, d’un mouvement, d’une relation et ainsi d’échapper à une condition que l’on nous assigne.
Cette notion d’émancipation, moteur d’abord inconscient, est devenue au fil du temps de plus en plus claire, articulée, nommée, assumée. Elle constitue désormais la trame profonde de mon œuvre chorégraphique, la cohérence qui lie chacune de mes pièces et chacune des actions de ma démarche pour la danse.
Dans les années 1985-90, le hip-hop commence dans les banlieues parisiennes où j’habite alors. Je trouve remarquable d’utiliser la danse dans la rue comme moyen d’expression et comme acte que l’on considérera ensuite comme politique. Les jeunes des banlieues parisiennes s’emparent du hip-hop, de la danse pour crier leur existence, pour dire au monde qu’il va falloir faire avec eux, leur présence multiethnique, leur fougue et leur désir.
À la même époque, face au tsunami appelé Sida, les homosexuels crient leur existence en dansant frénétiquement dans les clubs, acte résistant en arborant le t-shirt d’Act-up où il est écrit Danse = Vie.
Dans ces années 1985-90, je commence à faire de la danse mon métier. Intuitivement, je trouve le hip-hop enfermant.
Entre chaque figure acrobatique, les danseurs font un geste, une posture qui fait référence au comportement cliché du « mec » de banlieue, cool, viril avec un soupçon d’arrogance et de menace que l’on peut craindre. Je ne m’y retrouve pas. Je vois plutôt alors la danse comme un moyen de m’ouvrir au monde. J’espère qu’apprendre différentes techniques, entrer dans différents types d’écriture chorégraphique me permettra d’accéder à d’autres postures, d’autres états de corps et donc d’autres types de pensées. D’y acquérir un savoir pouvant me faire traverser les frontières et codes sociaux. M’émanciper. Avoir une vision du monde plurielle, complexe, riche. De plus, assumant déjà mon homosexualité, je vois dans la danse hip-hop l’utilisation de codes hétérosexuels normés non questionnés et une trop forte démonstration de forces masculines pour signifier une certaine vision de la virilité ainsi qu’une volonté de ne surtout pas être comparé au danseur ou plutôt à son cliché : danseur = sensibilité = pédé.
Donc pour moi : hip-hop = no way!
25 ans après, je vois sur une scène une pièce de Bruno Beltrão qui utilise la technique du hip-hop. Beltrão essaie un principe d’égalité entre les individus et semble même dévoiler de la tendresse, de la faiblesse. Je suis extrêmement surpris, séduit et même ému. C’est l’inverse de ce que je peux voir dans les autres spectacles de hip-hop qui gardent un goût de battle où comparaisons et évaluations supplantent le sens dramaturgique qui semble manquer.
Ce soir là chez Beltrão, je suis ravi et je découvre sur scène Eduardo Hermanson, qui y danse avec précision et inventivité. Cet homme, en le voyant danser, me fait changer mon regard sur cette danse et je commence à remettre en question mes a priori.
En novembre 2014, le brésilien Eduardo Hermanson, qu’on surnomme Willow dans le milieu du hip-hop, me contacte par l’intermédiaire de ma collaboratrice Astrid Toledo. Il cherche un chorégraphe pour le mettre en scène. Je le rencontre au Brésil, à Rio. Cet échange déclenche chez moi une envie de mieux comprendre le hip-hop, de m’intéresser aux différents styles, techniques de cette danse. Finalement je peux commencer à dissocier cette matière de danse de l’a priori que j’y attache (milieu misogyne et homophobe) et imaginer pouvoir tenter quelque chose avec lui.
En septembre 2015, nous nous revoyons pour une séance de travail en studio à la Ménagerie de Verre à Paris. Traiter cette matière de danse avec mes principes chorégraphiques me permet d’imaginer construire des scènes qui peuvent exprimer mes préoccupations, celles qui habitent ma démarche et mes pièces : la question de l’identité, la relation égalitaire entre individus, s’émanciper de rôles ou de situations qu’on nous assigne. Pour cela nous invitons d’autres danseurs parisiens à se joindre à nous pour tester des formes de duo et trio et travailler la relation à l’Autre.
Je passe du temps aussi à discuter, échanger avec Willow sur nos visions de la danse, du monde de la danse ou sur la danse comme moyen de dire nos visions du monde. Je lui demande comment il voit le monde en tant qu’homme de son âge, brésilien, danseur, hip-hopeur. Toutes ces réponses racontent sa façon d’être dans la danse et le mouvement. Je commence à penser que je devrais faire une pièce comme un portrait.
Faire sortir l’homme à travers le mouvement. L’interviewer sur scène.
En octobre 2015, nous nous revoyons à Rio au Centro des Artes da Maré. Je propose à Willow d’inviter d’autres danseurs à se joindre à nous. Willow me présente deux danseurs qui viennent du Grupo de Rua d’où il venait également avant de travailler avec Beltrão. Rennan et Tito ont également travaillé avec Bruno Beltrão. Ils sont tous trois physiquement très différents et avec des caractères très marqués. Même s’ils ont cette danse en commun, ils ont des styles et des énergies différents.
Après leur avoir transmis mes savoirs chorégraphiques, ils comprennent comment composer selon mes procédés, improviser des situations, essayer des soli, duos, trios; on distingue les différents styles de danse hip-hop que chacun utilise. Ils apprennent très rapidement. Comprennent bien les enjeux. Ils s’investissent car ils ont très envie de participer à la création qui semble se profiler. Je les interviewe également.
Cette session avec ces danseurs brésiliens confirme le désir de faire une création de groupe.
Une pièce d’une écriture ultra précise, rigoureuse avec un mélange de puissance et de raffinement, d’écoute et d’attention. Mais aussi l’idée du portrait pour chacun d’eux me poursuit. Comment parler d’eux, les mettre en scène, pour que le public les rencontre un peu comme je les découvre : pas uniquement des danseurs virtuoses de hip-hop mais des hommes qui ont une vie, une condition pas toujours facile, qui voient le monde à leur façon, et s’en sortent grâce à la danse et se lient aux autres grâce à la danse aussi.
La danse comme moyen de s’ouvrir au Monde.
Cette pièce ne sera ni une pièce de danse contemporaine, ni une pièce de hip-hop mais un espace ouvert propice à l’expérimentation de la rencontre de ces disciplines. Une invitation à se déplacer : moi vers eux, eux vers moi et que ce déplacement crée un espace qui augure d’un défi où la danse n’empêche pas l’intimité de chacun de ces hommes de se révéler, que la virtuosité ne les efface pas, mais soit au service du propos : un témoignage profond, singulier et sincère de trois hommes, danseurs talentueux, de leur relation au corps, à l’autre, au monde, au politique, à l’intime.
Et espérer que le public soit touché par eux et leurs humanités, comme je le suis.
Fabrice Ramalingom

Formé au CNDC d’Angers, Fabrice Ramalingom accompagne le travail de Dominique Bagouet de 1988 à 1993 et est membre fondateur des Carnets Bagouet qui transmet ses œuvres. Il fonde parallèlement la compagnie La Camionetta avec Hélène Cathala avec laquelle il chorégraphie plus d’une dizaine de pièces. Il fonde sa propre compagnie R.A.M.a en 2006, mû par un désir d’émancipation et d’ouverture aux autres langages.

Danse
29 > 30 Mars
jeu 29 mar / 20:00ven 30 mar / 20:00
théâtre Garonne
durée
TARIFS : DE 8 à 22 €
Nós, tupi or not tupi ?Générique

conception et chorégraphie Fabrice Ramalingom
fabrication et interprétation Renann Fontoura, Eduardo Hermanson, Tito Lacerda
assistant à la chorégraphie et dramaturge Matthieu Doze
lumière Maryse Gautier
musique François Richomme
scénographie et costumes Thierry Grapotte
image Jeanne Dosse
montage et images additionnelles David Olivari
régie Bastien Pétillard
production et diffusion  Luc Paquier
administration Anne Guiraud
coordination du projet et traduction Astrid Takche de Toledo

production R.A.M.a
coproduction Festival Montpellier Danse 2017, Gessnerallee Zürich, Théâtre de Nîmes – scène conventionnée pour la danse contemporaine, ICI-Centre chorégraphique national Montpellier - Occitanie / Pyrénées Méditerranée / Direction Christian Rizzo, Théâtre Paul Eluard de Bezons, CDCN Uzès Danse, Châteauvallon scène nationale
avec le soutien de la Ménagerie de Verre dans le cadre du StudioLab, du Centre Chorégraphique de Rio, du CAM - Centro de Artes da Maré - Lia Rodrigues Companhia de Danças, du Consulat Général de France à Rio de Janeiro, de l’Institut Français, de l’ADAMI et du FONDOC - Fonds de soutien à la création contemporaine en Occitanie.

R.A.M.a est subventionnée par la Drac Occitanie - Ministère de la Culture et de la Communication, la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée au titre de l'aide aux compagnies conventionnées et par la Ville de Montpellier.
R.A.M.a est aussi soutenue par Réseau en Scène Languedoc-Roussillon dans le cadre de l’aide à la mobilité des compagnies chorégraphiques.

And so you see

Robyn Orlin [Afrique du Sud]

« UN CORPS LUDIQUE, IRONIQUE, TIRAILLÉ ENTRE PÉCHÉ, TRANSFORMATION, DÉCLIN ET ÉCLAT, S’EMBARQUE DANS LES « SEPT PÉCHES CAPITAUX » POUR UN VOYAGE À TRAVERS UN REQUIEM POUR L’HUMANITÉ ».
ROBYN ORLIN

Elle est l’une des plus grandes chorégraphes Sud-Africaine, il est performeur, danseur et sangoma (guérisseur) : leur collaboration était inéluctable et resplendit tel un geste de beauté et de vérité criantes pour l’humanité. And so you see… our honourable blue sky and ever enduring sun... can only be consumed slice by slice (pour citer le titre complet) est un solo enivrant, une ode à la vie et à la liberté. 
Albert Silindokuhle Ibowe Khoza, figure androgyne, fascine par ses courbes généreuses, sa taille replète et ses allures graciles. C’est un corps qui déborde avec éclat : il porte les stigmates du viol, de la blessure, de la torture et virevolte sous le Requiem de Mozart qu’il tente de conquérir à sa manière, ses hanches et ses bras miment le mouvement chamanique comme pour se révéler en tant qu’identité conflictuelle. Avec un rire jubilatoire, il amuse et il s’amuse à travers ce joyeux exorcisme, jusqu’à l’exultation. Il y a dans cette pièce le besoin épidermique de danser comme une réponse possible à l’expression de la douleur, de la souffrance. Cette épopée chorégraphique convoque les fantômes du racisme, de la corruption, de l’homophobie, de la liberté et de l’identité, tout ceci constellé d’humour. La scène pourrait ainsi être l’endroit du souvenir, du combat et du changement où se pensent les générations futures.

 

un projet de Robyn Orlin

avec Albert Silindokuhle Ibowe Khoza

costumes Marianne Fassler

Lumière Laïs Foulc

régie générale Thabo Pule

 


ROBYN ORLIN

 

Née en 1955 à Johannesburg, Robyn Orlin a suivi les cours à la London School of Contemporary Dance de 1975 à 1980, puis ceux de la School of the Art Institute of Chicago de 1990 à 1995, où elle obtient un master. Elle a présenté sa première performance à Johannesburg en 1980.
Surnommée en Afrique du Sud « l’irritation permanente », elle relève, à travers son œuvre, la réalité difficile et complexe de son pays en intègrant diverses expressions artistiques (texte, vidéo, arts plastiques...)
Elle a créé notamment: Daddy, I’ve seen this piece six times before and I still don’t know why they’re hurting each other (1999) qui a obtenu le Laurence Olivier Award de la réalisation la plus marquante de l’année et We must eat our suckers with the wrappers on, pièce sur les ravages du SIDA en Afrique du Sud.
Elle a mis en scène L’Allegro, il penseroso ed il moderato de Haendel à l’Opéra national de Paris, en 2007.
Dressed to kill... killed to dress... pour des Swenkas sud-africains, a été créé en février 2008 au Festival Dance Umbrella de Johannesburg et a été présenté en tournée européenne (Paris, Liège, Luxembourg, Bruxelles, Vienne...) Robyn Orlin a créé une mise en scène de Porgy & Bess à l’Opéra Comique à Paris en juin 2008.
Walking next to our shoes... intoxicated by strawberries and cream, we enter continents without knocking... met en scène les chanteurs de la chorale Phuphuma Love Minus et a été créée en février 2009 au festival Dance Umbrella de Johannesburg.
En septembre 2009, Robyn Orlin a crée une pièce au Louvre, avec huit gardiens du musée: Babysitting Petit Louis.
En 2010, elle crée un solo avec le danseur de hip-hop Ibrahim Sissoko: Call it... kissed by the sun... better still the revenge of geography.
En 2011, elle crée ...have you hugged, kissed and respected your brown Venus today ? une pièce avec cinq chanteuses/actrices, qui parle de l’histoire de Sara Baartman, la vénus noire.
Beauty... a été créée dans le cadre de la Biennale de Lyon en septembre 2012 et fut le spectacle d’ouverture de la saison Sud Africaine en mai 2013 au Théâtre National de Chaillot.
At the same time... a été créée au festival d’Avignon 2014 avec les danseurs de l’École des Sables de Germaine Acogny et reprise en tournée. 
Robyn Orlin a été nommée Chevalier de l’Ordre National du Mérite le 28 février 2009 par Denis Pietton, Ambassadeur de France à Johannesburg et nommée Chevalier des Arts et des Lettres par la Ministre de la Culture en 2015.
www.robynorlin.com

Danse
29 Mars > 4 Avril
jeu 29 mar / 20:30ven 30 mar / 20:30sam 31 mar / 20:30mar 3 avr / 20:00mer 4 avr / 20:00
théâtre Garonne
durée 1h
TARIFS : DE 10 à 25 €
And so you see...Presse

ALBERT KHOZA, POP-CHAMANE DE JOHANNESBURG
 

Où se cachent aujourd’hui les véritables «bêtes de scène» ? Non pas les pop-stars glamours et bien marketées, mais les créatures hybrides, fascinantes et repoussantes, de celles capables de bousculer leur public avec insolence et de se réinventer en une multitude de personnages déments ? Une réponse possible se trouve aujourd’hui loin des circuits commerciaux, sur le plateau de l’artiste sud-africaine Robyn Orlin, qui a su dénicher parmi la nouvelle génération de performeurs de Johannesburg un jeune acteur de 28 ans à l’énergie monstre et aux identités mouvantes.

Dans And So You See… Albert Ibokwe Khoza est seul, sur un trône, pour une version sur-tripée des Sept Péchés capitaux. Et devant un public mi-effrayé mi-aimanté, c’est en rock-star XXL qu’il mime un orgasme bruyant sur le Lacrimosa de Mozart, dégaine une danse zouloue devant un énorme gif animé de Vladimir Poutine, transforme aussi deux spectateurs en esclaves adorateurs chargés de laver son corps obèse, noir, nu, maquillé. Une façon de rejouer de biais les problématiques postcoloniales qui enflamment le débat bien au-delà du seul cas sud-africain. Façon de dessiner aussi, en creux, le portrait de ce jeune artiste excentrique de Soweto qui lutte au quotidien pour la reconnaissance de ses identités multiples et a priori contradictoires.
Attablé face à nous dans un café parisien, Albert Khoza confirme : il se rêve en être pluriel, tribal et connecté, militant pour la valorisation des cultures noires et anticommunautariste, traditionaliste et gay : «Beaucoup de sangoma [des chamanes, ndlr] sont homos comme moi. C’est curieux mais c’est un vrai sujet…» Il se présente avant tout comme guérisseur et artiste - ce qui pour lui revient au même : «Je suis sorcier, je guéris en convoquant les ancêtres et j’envisage l’art comme une autre forme de guérison.»

Fashionista.

Il doit sa vocation d’artiste à ses parents : un père policier aujourd’hui décédé issu du peuple tsonga et une mère institutrice issue du peuple zoulou. «A la maison, les tâches ménagères étaient inversées entre mon père et ma mère, ce qui est encore proscrit dans les townships. J’ai eu la chance de vivre une enfance favorisée dans un quartier défavorisé, résume-t-il. Ma mère m’emmenait tout le temps au théâtre et au cinéma. Le film Cinema Paradiso de Giuseppe Tornatore a tout déclenché, j’ai tout de suite voulu être le personnage du film et c’est à partir de ce moment que j’ai su que je serais acteur, et non policier à mon tour comme l’aurait voulu la coutume.»
C’est durant ses études d’art dramatique à l’université du Witwatersrand qu’Albert Khoza, jeune garçon «extrêmement timide et secret», développe ses engagements. Là-bas, il rejette l’enseignement trop eurocentré «où l’on privilégiait toujours les noms de Jacques Lecoq ou de Trisha Brown sans nous dire quoi que ce soit de nos traditions artistiques africaines». Il apprend aussi à braver cette homophobie «intégrée par les Sud-Africains dès la plus tendre enfance sans que le gouvernement entende lutter par l’éducation» - les homosexuels sont protégés par la loi mais encore largement discriminés en Afrique du Sud.
Un combat qui passe aussi par l’affirmation de ce look de fashionista mystique qu’il détaille devant nous : lunettes de vue façon secrétaire Mad Men, rouge à lèvres noir des zoulous, coiffe tribale, os de chèvre aux poignets, «l’outil des guérisseurs». Et sur les doigts d’une seule main : une fourchette, une cuillère et un boulon de voiture, montés en trois bagues, symboles de sa grand-mère, de sa mère et de son père. «C’est pour rester toujours connecté à ma famille.» Aujourd’hui, il se revendique azanien, un groupe politique fondé en 1978, «même si je ne me retrouve pas dans l’attitude revancharde de certains militants. Que fait-on pour dépasser les logiques raciales ? Avec Robyn, c’est ce qu’on questionne dans la pièce».

«Confiance».

La programmation de cette pièce en Afrique du Sud n’ira pas sans malaises. Car Robyn Orlin, artiste adoubée des réseaux culturels occidentaux, est extrêmement controversée dans son pays où sa position de metteuse en scène blanche employant des acteurs noirs passe pour du racisme - et peu importe qu’Orlin entende justement problématiser l’ambiguïté et la violence des relations entre communautés. «Quand j’ai annoncé à certains de mes amis que je travaillais avec elle, beaucoup m’ont regardé inquiets, comme si elle allait me manipuler ! Sauf que nous travaillons en collaboration étroite, une collaboration tumultueuse parce qu’on s’est clashé durant tout le projet ! Mais j’ai eu raison de lui faire confiance. Et elle m’a appris des tonnes de choses : sur la géopolitique notamment, elle qui est branchée non-stop sur CNN.»
Robyn Orlin, aujourd’hui installée à Berlin, n’a d’ailleurs pas l’assurance de pouvoir jouer So You Can See… au Cap. Pour ce qui est de Johannesburg, c’est plus probable : «Je sais que tout l’intérêt du travail de Robyn est de susciter des discussions enflammées là-bas, mais j’avoue que j’appréhende quand même.» Aussi parce qu’à «Joburg», la mère d’Albert Ibokwe Khoza serait dans la salle. «Je sais qu’elle sera choquée mais qu’elle pleurera, comme à chaque fois qu’elle me voit sur scène et qu’elle repense à l’enfant chahuté et réservé que j’étais.»

Ève Beauvallet, LIBERATION, 3 novembre 2016

Jacqueline City Tour

Virginie Baes
Hélène Olive / les 198 os

présenté avec l'Usine - Centre national des arts de la rue et de l'espace public ( Tournefeuille / Toulouse Métropole)

Sortie d'Usine

Notre guide Jacqueline partage avec les voyageurs sa connaissance des habitants, ses collections d’émotions, ses souvenirs, de petites et de grandes histoires réelles et imaginaires des personnes rencontrées. Elle imbrique, tisse, maille le quotidien et le fantasmagorique, le vécu et le rêvé de la ville habitée. La compagnie Les 198 os met en place un dispositif invitant le public voyageur à se rendre disponible à la découverte et à la rêverie, et propose une méditation sur l'à-côté. Les passagers peuvent voir un monde, être au centre d’un monde et à l’écoute de l’infime, de l’ordinaire et de l’infra-ordinaire. Le paysage que nous allons traverser est donc le premier complice de Jacqueline. L’un et l’autre se répondent, entrent en résonance et dialoguent.

 

Les 198 os propose un théâtre atypique et pluridisciplinaire, une écriture sensible et poétique qui posent les relations humaines au coeur des créations. La parole intime est transportée dans l’espace public pour inventer des mises en relation "frictionnelles" uniques. Virginie Baes, metteur en scène, et Hélène Olive, scénographe, se saisissent du réel ou des fragments de réels qu’elles captent, attrapent et cueillent dans les paroles et les sons pour, en quelques manières théâtrales, "enchanter" les réalités ordinaires.

 

création originale Les 198 os
mise en scène Virginie Baes
scénographie Héléne Olive
avec Domi Giroud et Aude Martos
son Didier Préaudat en collaboration avec Virginie Baes et Hélène Olive
costume Alice Thomas
construction Jules Guérin
production Mathilde Corbière
diffusion et communication Brigit Meunier Bosch
la compagnie Les 198 os est conventionnée par la Ville de Toulouse (aide à la création et accueil en résidence); l’Usine, Centre national des arts de la rue et de l’espace public (Tournefeuille/Toulouse Métropole). Soutenue par le Ministère de la Culture-DRAC Occitanie et le Conseil Départemental de la Haute-Garonne

 

28 Mars
mer 28 mar / 20:00
Rendez-vous sur le parvis du théâtre Garonne
durée 2h
entrée libre (sur réservation)

Forbidden

Pierre Meunier & Marguerite Bordat

"JE SUIS NÉE UN JOUR DE NEIGE, D’UNE MÈRE QUI SE MARRE TOUT LE TEMPS. JE ME SUIS DIT, ÇA CAILLE, MAIS ÇA A L’AIR COOL, LA VIE. ET J’AI ENCHAÎNÉ LES GALÈRES." BABOUILLEC

 

Interdit de se pencher, dit le titre...
Présenté au Festival d'Avignon 2015, ce projet est né de la rencontre avec une jeune auteure, Babouillec, autiste sans parole. Pierre Meunier, infatiguable défenseur de notre imaginaire appauvri, est stupéfié par la liberté de son écriture sans limites. Avec sa complice plasticienne, Marguerite Bordat, puis avec toute l’équipe, ils imaginent, en écho à cette matière brûlante, une traversée visuelle et sonore. Sur le plateau, les quatre équipiers, acteurs, danseuse, guitariste, actionnent une machinerie d'objets bruts qu'ils détournent en agents poétiques : fils de fer, ventilateurs, tuyaux...  rien qui ne tourne très rond jusqu’au disjonctage final.
Interdit de se pencher écrit Babouillec…
Et pourtant c’est à un voyage au bord du monde, qu'elle nous invite, loin de la terre ferme et des certitudes ancrées.

Biographies
Depuis 2014, Marguerite Bordat ( Joël Pommerat, Bérengère Vantusso...), et Pierre Meunier ( Volière Dromesko, Théâtre du Radeau...) rêvent, construisent et écrivent ensemble les projets de la Belle Meunière. À Toulouse on a pu voir Le Tas, Le Chant du ressort, Au milieu du désordre et La Bobine de Ruhmkorff.

Babouillec , auteure, autiste sans parole
Hélène Nicolas, dite « Babouillec autiste sans paroles » est née en 1985 à Aunay sur-Odon (14). Diagnostiquée autiste très déficitaire, Hélène intègre vers l’âge de huit ans l’institution médico-sociale, qu’elle quitte en 1999. À partir de cette date, elle suit un programme de stimulations neurosensorielles accompagné d’activités artistiques et corporelles au domicile familial – un travail quotidien partagé entre Hélène et sa maman. Elle n’a pas accès à la parole ; son habileté motrice est insuffisante pour écrire ; elle est enfermée dans le silence. En 2006, après six années de recherches, de travail sur la matière et la place de la pensée dans l’existence de l’être, Babouillec nous ouvre son univers.
À l’aide d’un alphabet en lettres cartonnées, elle écrit des mots, des phrases ; elle communique. En 2009, elle écrit, avec ses petites lettres, Raison et acte dans la douleur du silence. En 2010, elle entame avec Arnaud Stéphan un travail de création littéraire orienté vers la scène et le théâtre. Parallèlement, depuis 2008, Hélène a pratiqué également différentes activités – équitation, arts plastiques, danse, musique… – au sein de l’Espace Kiêthon, association spécialisée dans l’accueil de personnes avec autisme. Elle poursuit aujourd’hui son chemin dans l’écriture en composant des pièces atypiques pour le théâtre et des oeuvres plus inclassables. Un film retraçe cette vie inouïe : Dernières nouvelles du cosmos, documentaire français réalisé par Julie Bertuccelli sorti en novembre 2016

Théâtre
5 > 7 Avril
jeu 5 avr / 20:00ven 6 avr / 20:00sam 7 avr / 20:00
théâtre Garonne
durée 1h30
DE 10 à 25 €
Forbidden di SporgersiGénérique

à partir du texte "Algorithme éponyme" de Babouillec, autiste sans paroles.
fabrication collective, avec au plateau Fredéric Kunze, Pierre Meunier, Satchie Noro, Jean-François Pauvros, Marguerite Bordat
lumière Bruno Goubert
son Hans Kunze en collaboration avec Géraldine Foucault
construction machinerie Pierre Mathiaut
régie générale Jean-Marc Sabat 
diffusion Florence Kremper
administration Caroline Tigeot

Forbidden di SporgersiPresse

Fabrique collective déjantée, dilate le temps, fait apparaître les fulgurances d'une poésie incarnée... En regardant avec les yeux de l'âme de Babouillec, la bande à Pierre Meunier vocalise une ode à la vie qui s'exprime par l'expérience du corps et de la matière. S'y manifeste l'ouverture du coeur pour une humanité plus vivante et joyeuse.

Dernières nouvelles d'Alsace, V. Paladino

 

Pierre Meunier et son équipe n'illustrent pas le poème de Babouillec la nyctalope, comme elle s'appelle elle-même. Ils lui donnent une formidable traduction scénique, avec leur talent de bricoleur poétique.(....) Les mots se composent et se recomposent comme un grand jeu, un happening verbal qui suscite une vraie jubilation.

Le Monde, F. Darge

 

Etonnant et décapant. Une opération de théâtre à crâne ouvert.

Médiapart, Jean-Pierre Thibaudat

 

Nougasongs

Yves Charnet
Philippe Dupeyron/ Jean-Marc Padovani/ Alain Bruel

Il arrive qu'un livre trouve ses anges gardiens, ses passeurs, cette grâce s'est donc produite. Le poème et son double. Les mots sont debout. Les rimes sont pulsées par ces athlètes de la ponctuation affective. C'est lyrique comme la vie. Mélancolique comme l'amour. C'est de la prose à écouter-voir.

Yves Charnet

 

Nougasongs, ou le salut amical d'un poète à celui qui mêlait en son chant les douceurs occitanes et l'énergie du jazz. "Ce souffle qui soulève les mots, ouvre la langue, fait aussi entrer le rythme dans la prose. La voix, le souffle, le rythme : voilà les composantes majeures de "l'alchimie du verbe" de Nougaro qu'Yves Charnet en quelque sorte transfuse dans sa propre prose pour qu'elle soit, à son tour, de l'ordre du swing dans la langue. Faire swinguer la langue à coups de syncopes rythmiques, marquées entre autres par les points de suspension : c'est le pari difficile et réussi d'Yves Charnet. Alexandre Dufrenoy

Yves Charnet est de ces écrivains qui osent prendre les mots non pour ce qu’ils disent mais d’abord pour ce qu’ils sont : des sons. Quelque chose sonne jazz dans l’écriture d’Yves Charnet. Jean-Marc Padovani est un saxophoniste et compositeur familier des musiques du sud. Il s'est intéressé à nombre d'instruments, modes, ou climats qui représentent "une source d'inspiration illimitée et permanente". Alain Bruel est un musicien polyinstrumentiste, accordéoniste, compositeur, arrangeur, formateur. Il travaille particulièrement sur des ensembles où la composition, l'improvisation et les références aux musiques traditionnelles se côtoient. Formé auprès du théâtre de l’Acte, Philippe Dupeyron est acteur-diseur-conteur. Il a joué dans différentes créations, dont Golem de Pascal Delhay présenté à Garonne dans le cadre de In Extremis 2015. Il fut acteur au théâtre de l’Acte de 1983 à 1993. Il est chargé de cours à l’université Jean Jaurès jusqu’en 2014 et anime la troupe universitaire « Répliques » pendant une vingtaine d’années en collaboration avec le CIAM.

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Musique
31 Mars
sam 31 mar / 18:30
théâtre Garonne
durée 1h
de 8 à 22 €

plateaux radios

Oyez ! Oyez !
Sarah Authesserre de Radio Radio sur 106.8 animera 3 tables rondes durant le festival !
RDV dans le hall du théâtre pour assister à l'émission...

mardi 20 mars à 21h15
Blaise Merlin + Abdullah Miniawy + Revue Gibraltar

vendredi 30 mars à 18h30
Fabrice Ramalingom + Robyn Orlin + Albert S.I.Khoza

vendredi 6 avril à 18h30
Pierre Meuner + Marguerite Bordat

 

Blaise Merlin
Depuis 2002, Blaise Merlin organise à Paris des festivals fondés sur l'improvisation et l'art de la rencontre. Né en 1980 de parents comédiens et metteurs en scène, sa jeunesse bariolée dans le quartier de la Goutte d'Or, où il vit encore aujourd'hui, a aussi été marquée par les spectacles de Peter Brook, Ariane Mnouchkine, Claude Buchvald, Josef Nadj... … Parallèlement à ses études d'ethnomusicologie et ses activités musicales, il programme, dès l'âge de 19 ans, plusieurs lieux et festivals parisiens. Durant trois ans, il élabore la programmation de l'Olympic Café, puis crée le festival Eurafricain (2001), le festival Jazz Nomades (2002), et les festivals Rhizomes et enfin La Voix est Libre au théâtre des Bouffes du Nord depuis 2005. Depuis 1999, Blaise Merlin conçoit également de nombreuses bandes son pour le théâtre, le cinéma, la danse, la poésie et les arts plastiques.

Abdullah Miniawy
Ecrivain, chanteur, trompétiste et compositeur, ingénieur son et producteur de musique,  Abdullah a participé à de nombreux festivals dans le monde, aux premiers chefs desquels Tunisia Mousiqa wel salam festival, La Voix est libre, Jazz Nomades.

Revue Gibraltar
Au-delà de la Méditerranée, récits, reportages et fictions. Gibraltar est une revue de qualité qui traite du bassin méditerranéen et des cultures du sud de l'Europe et du nord de l'Afrique.

Fabrice Ramalingom
Fabrice Ramalingom, compagnon de route de Dominique Bagouet, est aujourd’hui installé avec sa compagnie R.A.M.a à Montpellier

Robyn Orlin
​Elle est l’une des plus grandes chorégraphes Sud-Africaine. Robyn Orlin est née d'un père lituanien et d'une mère danseuse polonaise émigrés en Afrique du sud avant la Seconde Guerre mondiale. Après une formation de danse classique, elle part, à la fin des années 1970, étudier la danse contemporaine à Londres, et fait des études d'art visuel à Chicago entre 1990 et 1995. Elle commence sa carrière de chorégraphe en 1980. Ses thèmes de prédilection ont directement à voir avec les drames qui ont parcouru et continuent de traverser son pays (apartheid, sida) en utilisant une forme de danse très théâtrale et en se servant de la vidéo. Les spectateurs sont parfois amenés à participer de manière interactive au spectacle. Elle revisite également de manière humoristique les grands classiques de l'art occidental. Longtemps perçue comme l'enfant terrible de la danse sud-africaine avant sa reconnaissance en Europe au début des années 2000, elle reste convaincue que « l'art ne sert à rien, s'il n'est pas en prise avec le réel »

Albert S.I.Khoza
Son humour, sa présence, son extravagance, sa voix, sa gestuelle, sa liberté, son courage pourront faire de lui une sorte de Steven Cohen noir. Et Robyn Orlin aura été sa metteuse en orbite, même si Khoza a déjà créé plusieurs pièces de théâtre ou de danse, et que sa dernière création, Influences of a Closet Chant, a été présentée en France, et notamment à Montpellier. (Danser Canal Historique)

Pierre Meunier
Né en 1957 à Paris, il traverse le cirque, le théâtre et le cinéma. Il a travaillé avec Pierre Etaix, Annie Fratellini, Philippe Caubère, Zingaro, la Volière Dromesko, Giovanna Marini, François Tanguy, Matthias Langhoff, Jean-Paul Wenzel, Joël Pommerat… Pierre Meunier construit et écrit ses propres spectacles, inventant une écriture scénique qui met en jeu la physique concrète avec des mécanismes et de la matière brute, véritables partenaires des acteurs en scène.

Marguerite Bordat
Marguerite Bordat est scénographe, costumière, plasticienne. Elle a collaboré avec des metteurs en scène tel que J.Pommerat, Eric Lacascade, Lazare etc. Elle invente les dispositifs scéniques des spectacles de la compagnie trois-six-trente depuis plus de dix ans et conçoit des marionnettes extrêmement réalistes dont elle sculpte et peint elle-même les visages. Elle forme aujourd’hui avec Pierre Meunier, rencontré sur Un Tas en 1999, un duo rêveur et concepteur de leurs créations théâtrales. Ensemble, ils ont créé l’année dernière Forbidden di Sporgersi au festival d’Avignon.

 

20 Mars > 6 Avril
mar 20 mar / 21:15ven 30 mar / 18:30ven 6 avr / 18:30
théâtre Garonne
durée 30 minutes

Lettres non écrites

David Geselson
Cie Lieux-Dits

SI VOUS AVEZ UN JOUR VOULU ÉCRIRE UNE LETTRE À QUELQU'UN DE CHER SANS JAMAIS LE FAIRE PARCE QUE VOUS N'AVEZ PAS OSÉ, PAS SU, PAS PU, OU PAS RÉUSSI À ALLER JUSQU'AU BOUT, RACONTEZ-LA-MOI ET JE L'ÉCRIS POUR VOUS.
DAVID GESELSON

Ce sera le troisième rendez-vous proposé par David Geselson qui, se faisant écrivain public le temps d'une journée, se glisse dans les confidences, les désirs et les émois que quelques volontaires lui confient pour rédiger une lettre qui leur tient à coeur. Le soir venu, le metteur en scène et son équipe vous convient à une lecture mise en espace de ces textes devenus matière théâtrale. Tentatives expérimentales d’écriture et de théâtre direct, les restitutions proposées s’envisagent créatives et conviviales. Il faudra s’y risquer, tenter l’expérience de l’écriture conjointe. Lieu de l’écoute attentive et de la parole vive, le théâtre se fera alors l’écrin d’un possible : celui de (vous) parler et de maintenir sur le vif la liberté dans un acte de création délibérément collectif.

Avec sa compagnie Lieux-Dits, qu’il fonde en 2009, David Geselson (metteur en scène, dramaturge et comédien vu notamment à Garonne dans Bovary de Tiago Rodrigues) favorise l’écriture au plateau et une fabrique de théâtre collective en phase avec les questions politiques, philosophiques et poétiques du monde actuel. Après En route-Kaddish en 2014, il crée Doreen avec Laure Mathis, spectacle présenté à Garonne en 2016.

Théâtre
9 Avril
lun 9 avr / 20:00
théâtre Garonne
durée 1h
Création Garonne
5 €