27 sept - 5 oct / création à Garonne

JE ME SOUVIENS LE CIEL EST LOIN LA TERRE AUSSI

Aurélien Bory
Mladen Materic

 

JE ME SOUVIENS LE CIEL EST LOIN LA TERRE AUSSI

Aurélien Bory
Mladen Materic

En 1994, Aurélien Bory découvre, au théâtre Garonne, Le Ciel est loin la terre aussi de Mladen Materic, metteur en scène du théâtre Tattoo venu d’ex-Yougoslavie. C’est un choc esthétique puissant pour l’artiste en devenir, face à ce théâtre qui invente sa propre langue. Vingt-cinq ans plus tard, Je me souviens Le Ciel est loin la terre aussi est une création à quatre mains, avec
deux acteurs du spectacle originel et une multitude de souvenirs.

 

Théâtre
27 Septembre > 5 Octobre
ven 27 sep / 21:00sam 28 sep / 21:00mer 2 oct / 19:00jeu 3 oct / 21:30ven 4 oct / 19:30sam 5 oct / 20:30
présenté avec le ThéâtredelaCité, lors de la Biennale
durée 1h (environ)
Création Garonne / Coproduction
de 10 à 25 € / avec Carte Biennale 11 à 17 €
Je me souviens Le Ciel est loin la terre aussi Générique
Création Garonne / Coproduction

 

Tournée française :
du 16 au 18 octobre à la Comédie de Colmar- CDN Grand Est Alsace

présenté dans le cadre de Portrait Paysage / Aurélien Bory, lors de La Biennale / Arts vivants / International

avec Aurélien Bory, Haris Haka Resic, Jelena Covic
conception, scénographie, mise en scène Aurélien Bory, Mladen Materic
composition musicale Joan Cambon
création lumière Arno Veyrat
conception technique décor Pierre Dequivre
costumes Manuela Agnesini
régie générale et lumière Thomas Dupeyron
régie son Stéphane Ley
régie plateau Mickael Godbille
directrice des productions Florence Meurisse
administrateur Clément Séguier-Faucher
chargée de production Justine Cailliau Konkoj
presse
Agence Plan Bey
production Compagnie 111 – Aurélien Bory
coproduction Théâtre Garonne Scène européenne – Toulouse, ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie, Théâtre-Sénart Scène nationale, Comédie de Colmar – Centre dramatique National Grand Est Alsace, CIRCa – Pôle national cirque Auch Gers Occitanie dans le cadre du soutien du FONDOC, Théâtre Tattoo
accueil en répétitions et résidences théâtre Garonne Scène européenne – Toulouse, La nouvelle Digue
La Compagnie 111 – Aurélien Bory est conventionnée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles Occitanie / Ministère de la Culture, la Région Occitanie / Pyrénées - Méditerranée et la Mairie de Toulouse
Elle reçoit le soutien du Conseil Départemental de la Haute-Garonne et de l’Institut Français

Je me souviens Le Ciel est loin la terre aussi

Aurélien Bory : Le Ciel est loin la terre aussi est le premier spectacle que j’ai vu quand je suis arrivé à Toulouse.

Mladen Materic : En 1994, Le Ciel est loin la terre aussi était la deuxième création du Théâtre Tattoo depuis son installation au Théâtre Garonne.

A. B. : J’ai réalisé ce soir-là que le théâtre n’existait pas, qu’il n’était pas une forme donnée, et qu’il était possible — et même nécessaire — de le réinventer.

M.M.: En ce temps-là on avait trouvé une formule : « le théâtre n’existe pas quand je dors ». Mais rien n’a été plus simple pour autant. « Partir de soi », c’est avec l’espoir que, si une question te concerne, elle peut aussi concerner les autres. Sauf que tu n’es jamais sûr de cela. Encore moins quand tu viens de quitter la réalité de ton ex-patrie et que tu n’a pas encore eu le temps de reconnaitre ni l’iconographie, ni l'état d’esprit de ton nouvel entourage. Je me souviens encore que deux nuits avant la première de Le Ciel est loin la terre aussi j’ai cru, plus que d’habitude, que c’était une vraie catastrophe.

A. B.:25 années ont passés. Je sais que ce spectacle a laissé des traces, que j’ai voulu suivre en créant mon propre théâtre, mais aussi des traces dans la mémoire que j’aimerais retrouver aujourd’hui.J’ai réalisé ce soir-là que le théâtre n’existait pas, qu’il était possible et même nécessaire de le réinventer.

M. M : Pour moi, Le Ciel questionnait sur le plateau le milieu de la vie, entre naissance et mort, jeunesse et vieillesse, force et fatigue ; et entre ce que l’on a espéré de la vie et ce que l’on a eu. Un jour j’ai dit à Aurélien qu’on avait encore le décor, les costumes et les accessoires.

A. B : J’ai demandé à Mladen de me donner ce décor pour interroger les panneaux de bois, les portes, les fenêtres, les meubles qui sont restés pendant des années dans l’ombre d’un entrepôt, et tenter d’en faire émerger la mémoire.
Je ne souviens plus du Ciel est loin la terre aussi, ou du moins les bribes qu’il m’en reste sont soumises à l’impitoyable physique de la mémoire : superposition, substitution, morcellement, glissement, confusion, flou, effacement… J’aimerais écrire par-dessus les traces. Et retrouver par l’absence, ou par le vide laissé entre les murs, l’histoire de cette famille, un homme, une femme, leurs enfants, leurs parents, en réalisant finalement que cette histoire est aussi un peu la mienne.

 

Toulouse, septembre 2018

Je me souviens Le Ciel est loin la terre aussi Entretien

Je me souviens Le Ciel est loin la terre aussi : un théâtre de la rémanence

Rémanence (définition) : Qui subsiste après la disparition de la cause.
Une image rémanente (afterimage en anglais) est une illusion optique qui continue à apparaître après que l’exposition de l’original a cessé. C’est la propriété d’une sensation visuelle qui persiste après la disparition du stimulus.

 

Il y a vingt-cinq ans, en pleine guerre d’ex-Yougoslavie, Mladen Materic metteur en scène en exil créait au Théâtre Garonne Le ciel est loin la terre aussi. Un spectacle fondateur à l’époque pour le jeune Aurélien Bory, bornant le point de départ de son chemin d’artiste. Nouée autour de ce premier souvenir leur connivence artistique les amène aujourd’hui un quart de siècle après, à revisiter ensemble ce premier chapitre et à le ré-écrire. Je me souviens Le ciel est loin la terre aussi explore les méandres de la création en empruntant les voies rémanentes du souvenir et de la mémoire. Interview complice.

Rappelez-nous cette première fois et ce qu’elle a eu de décisif…

Aurélien Bory : Le ciel est loin la terre aussi est le premier spectacle que j’ai vu quand je suis arrivé à Toulouse, à un moment de ma vie où je venais de quitter des études scientifiques pour me diriger plutôt vers le domaine des arts sans que mon choix soit encore très fixé entre la danse, le théâtre, le cinéma où j’allais beaucoup... Ce spectacle m’a énormément plu et m’a convaincu tout de suite que j’étais en face de quelque chose d’important : d’abord c’était un théâtre d’auteur très différent formellement de ce que j’avais vu avant – les maîtres, Kantor, Bausch, etc. C’était aussi un théâtre d’action où l’on savait exactement ce à quoi pensaient les acteurs et un théâtre très poétique qui racontait la famille, le quotidien. J’ai réalisé en le voyant que le théâtre n’était pas une forme donnée et que chacun pouvait inventer le sien.

Mladen Materic : A l’époque c’était la guerre dans mon pays. Je créais mon deuxième spectacle à Toulouse avec le Théâtre Tattoo et je voulais partir de préoccupations personnelles, de choses qui me concernaient car en faisant cela, je pouvais espérer que ces choses parlent à d’autres. J’avais 42 ans, un âge où on se sent dans un entre deux, où l’on n’est ni jeune ni vieux, où tout est proche et tout est loin. D’où le titre. Je voulais faire un théâtre sans les mots (les mots m’empêchent de penser), un théâtre visuel basé sur l’action et les interactions.

En quoi ce spectacle a-t-il en quelque sorte « libéré » le choix de votre parcours d’artiste, Aurélien ?

AB : Il y avait quelque chose dans ce spectacle qui s’affranchissait complètement de certaines règles tout en restant du théâtre très écrit, avec une structure dramatique forte et des moyens propres au plateau. Ça m’a donné l’idée que je pouvais trouver mon propre théâtre. J’ai eu besoin d’un temps de recul après ce spectacle, j’y ai beaucoup pensé puis on s’est finalement rencontrés et j’ai intégré la troupe du Tattoo où je me suis formé pendant deux ans. L’expérience a été libératrice parce qu’elle était basée sur un véritable échange. Mladen m’a beaucoup influencé mais il m’a surtout encouragé à faire mes propres choix. Il m’a ouvert des possibles.

MM : Depuis qu’Aurélien a créé la Cie 111 nos deux compagnies ont cheminé dans un rapport fraternel. C’est une alliance fondée sur des regards mutuels, sur le fait de se consulter réciproquement sur certains sujets. Ça nous donne envie d’être mieux qu’on ne l’est, ce qui est très stimulant (rires).

Reprendre ensemble ce premier canevas est-ce faire le voyage à l’envers ?

MM : Ça peut sembler le cas au premier abord : on prend une œuvre et on la rejoue (je dis « on » car c’est un travail en collaboration, en dialogue). Un jour j’ai dit à Aurélien qu’on avait encore le décor, les costumes et les accessoires. Or pour moi un spectacle quand il ne joue pas, c’est juste la somme des acteurs et des techniciens qui reviennent à leur vie quotidienne et un décor inanimé stocké dans un entrepôt. Alors on l’a ressorti. Rejouer un spectacle c’est remettre le son, la lumière et rétablir les rapports entre tous ces éléments. Ou en créer de nouveaux. Et c’est ce qui s’est passé : on a complètement revisité le décor d’origine. Comme un tableau dans un musée qui serait réinterprété par un peintre sauf que là on est deux, ce qui génère beaucoup d’échanges, d’interactions. C’est un spectacle sur un autre spectacle, puis ça devient un tout nouveau spectacle.

C’est une façon de réinterroger votre souvenir du spectacle et d’en faire un nouveau matériau ?

AB : Oui, on est repartis des traces laissées dans nos mémoires ; les traces matérielles, ce décor qui existe physiquement, les vidéos qu’on peut revoir et les traces immatérielles dont l’impression est restée dans nos souvenirs. Dans un premier temps ça m’a amené à faire ce que je n’avais jamais fait : analyser ce spectacle et comprendre pourquoi j’avais été aussi touché. Puis au fur à mesure on a pris conscience tous les deux que c’était l’occasion de faire à nouveau, de faire autrement, de re-questionner nos mémoires respectives tout en écrivant ensemble, littéralement par-dessus les traces.

MM : Certains spectacles, quand tu les as écrits tu ne peux plus y toucher. Mais là ça fait vingt-cinq ans et c’était déjà à l’époque un spectacle sur la mémoire, sur les questions que pose l’âge, le temps qui passe, etc. Quand tu fais un spectacle sur la mémoire tout peut se ré-ouvrir, par définition.

AB : D’autre part, travailler sur un spectacle existant c’est éventuellement prendre le risque d’être gêné par le passé. Mais on a vite dépassé cela. Parce que travailler en duo c’est expliquer, travailler en équipe c’est aussi expliquer. Or personne n’a les mêmes souvenirs : quand on ouvre une chose, un nom, on découvre d’autres choses, d’autres noms surgissent. Et l’oubli même révèle d’autres apparitions.

La fidélité des souvenirs ce n’est pas l’important, car ils sont là surtout pour ouvrir d’autres espaces ?

AB : Oui, au départ on a été tentés de faire émerger de la mémoire : on a rappelé deux acteurs du spectacle original Haris Haka Resic et Jelena Covic et ils jouent dans ce décor qui peut paraître d’abord très semblable à ceux qui l’ont connu. J’ai tenu à m’impliquer aussi physiquement au plateau, pour retrouver avec eux l’endroit de départ. Mais c’était pour mieux aller ailleurs. Car ce travail de co-écriture est un processus : il nous  amène à un endroit qu’on ne soupçonnait pas. C’est un processus original, mais il contient en fait le processus même de la création. Il y a un lien très fort entre mémoire et création. Chez les Grecs anciens Mnémosyne, la mémoire, était la mère de toutes les muses et elle a nommé toutes les choses. Elle était fille d’Uranos et de Gaïa, le Ciel et la Terre… qui sont dans le titre de la pièce d’origine. Tout y était déjà indiqué. Car sans mémoire, il n’y a pas d’art.

Et la question du temps, au centre du spectacle, le temps qui passe, que nous partageons tous ?

AB : Le temps c’est ce qui nous lie. Avec Mladen on avait déjà des projets ensemble, c’était très important pour nous deux et ça l’est encore plus maintenant que toutes ces années ont passé.  Je me retrouve dans la situation du personnage à l’époque, un homme à la cinquantaine avec une femme, des enfants, des parents vieux, malades. Je suis à mon tour au milieu. Dans l’histoire de cette famille, il y a toujours un peu la nôtre. Et dans l’histoire de ce spectacle il y a la vie des personnes qui font ce théâtre. Et toute l’histoire du théâtre.

MM : Pour moi aussi le temps a passé, je suis vingt-cinq ans plus loin. Je suis maintenant un homme âgé comme l’était mon père à l’époque. J’avais écrit ce spectacle en partie pour lui. Et il aura fallu le temps d’une génération pour reprendre et déplacer les questions un peu plus loin : je partageais alors mes interrogations du milieu de vie, la balance entre ce qu’on a espéré et ce qu’on a eu, et ces choses qui à un moment deviennent définitives. Ce spectacle c’est un «je » partagé.

AB : Tout à fait. Le « je » au plateau fait le trait d’union entre notre vie et nos représentations. C’est tout l’enjeu derrière la question « pourquoi (re)faire ce spectacle aujourd’hui ? » : parce que ce sont des situations de l’existence et des rôles auxquels personne n’échappe. Le très perécien « Je me souviens » dans le titre est évidemment délibéré : il fait le lien entre le motif de la mémoire et la scénographie. Ce lien se verra sur le plateau et le travail du spectateur sera d’en reconnaître les traces.

Propos recueillis par Cécile Brochard, au théâtre Garonne, septembre 2019

Aurélien Bory / Mladen MatericPortrait

AURÉLIEN BORY est né à Colmar en 1972.

Après des études de physique à l’Université de Strasbourg qui l'amènent à travailler dans le domaine de l'acoustique architecturale, il intègre en 1995 le studio de création au sein du Lido, Centre des arts du cirque à Toulouse. Il rencontre au théâtre Garonne l’artiste Mladen Materic auprès duquel il se forme comme acteur, et intègre sa troupe, le Théâtre Tattoo, en tant qu’interprète dans L'Odyssée en 1998. Aujourd'hui, Aurélien Bory propose à Mladen Materic de créer avec lui au théâtre Garonne Je me souviens Le Ciel est loin la terre aussi, construit à partir du décor de Le Ciel est loin la terre aussi spectacle du Théâtre Tattoo de 1994, qui déclencha l’intérêt d’Aurélien Bory pour les arts de la scène.

Depuis l’an 2000, il dirige la compagnie 111 implantée à Toulouse et constituée de nombreux collaborateurs. Il y développe un théâtre physique et hybride, mêlant théâtre, danse, cirque, musique et arts visuels. Animées par la question de l’espace, ses œuvres composites à l’esthétique singulière sont influencées par son intérêt pour les sciences et s’appuient fortement sur la scénographie. Tour à tour metteur en scène, scénographe, chorégraphe ou encore plasticien, il pense son œuvre dans le renouvellement de la forme.

Nourrie d’influences plastiques, littéraires et cinématographiques aussi diverses que celles de l’écrivain Heinrich von Kleist et son Théâtre de marionnettes, la figure du Bauhaus Oskar Schlemmer ou encore l’acteur de cinéma muet Buster Keaton, son œuvre puise également dans les textes d’auteurs tels que ceux de l’écrivain Georges Perec, qui accompagnent sa réflexion originelle sur l’espace et dont il s’inspire pour sa création, Espæce (2016), créée pour la 70e édition du Festival d’Avignon.

Les spectacles d’Aurélien Bory sont présentés dans le monde entier, cette reconnaissance internationale débute avec Plan B (2003), créé au théâtre Garonne à Toulouse, et Plus ou moins l’infini (2005) créé au Théâtre Vidy à Lausanne, marqués par la collaboration avec le metteur en scène new-yorkais Phil Soltanoff. Avec IJK (2000), créé au Théâtre de la Digue à Toulouse, ces trois spectacles composent "La trilogie sur l’espace".

En 2007, il crée en Chine Les Sept Planches de la ruse avec des artistes de l’Opéra de Dalian évoluant sur un tangram géant; en 2009, Sans objet au ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie avec deux acrobates et un robot industriel. En 2011 au Grand T à Nantes, il conçoit Géométrie de caoutchouc, pièce pour un chapiteau. Pour Marseille-Provence 2013 – Capitale européenne de la culture, il crée Azimut autour des origines spirituelles de l’acrobatie marocaine, neuf ans après avoir créé Taoub (2004), spectacle fondateur du Groupe acrobatique de Tanger.

En 2008, il initie une série de portraits de femme, avec Questcequetudeviens? créé au Festival ¡Mira! / TnBA-Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine pour la danseuse de flamenco Stéphanie Fuster (nommé dans la catégorie « Meilleur spectacle de danse » aux Oliviers Awards 2014 à Londres), suivi de Plexus créé en 2012 au Théâtre Vidy à Lausanne pour la danseuse japonaise Kaori Ito (Prix International Applause Joan German Schroeder de la FAD Sebastià Gash de Barcelone / nommé dans la catégorie « Meilleure production de théâtre visuel ou physique » aux Helpmann Awards 2016 à Perth - Australie). En juin 2018, il conclut cette trilogie avec aSH, pièce pour Shantala Shivalingappa créée au festival Montpellier Danse.

Largement diffusé en France et à l’étranger, ce répertoire de treize créations est présenté dans de prestigieux théâtres. Aurélien Bory reçoit en 2008 le prix Créateur sans frontières délivré par CulturesFrance/Ministère des Affaires étrangères pour ses œuvres à l’international. Le travail d’Aurélien Bory a été accompagné par plusieurs théâtre dont le théâtre Vidy-Lausanne, le ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie dont Aurélien Bory est artiste invité de 2014 à 2016 et le Grand T théâtre de Loire–Atlantique à Nantes dont il est artiste associé de 2011 à 2016 et le théâtre Garonne. En 2019-2020, le ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie, consacrera son deuxième Portrait/Paysage au travail d’Aurélien Bory et de la Compagnie 111. 

Son questionnement sur l’espace l’amène à s’aventurer sur de nouvelles scènes et investir de nouveaux champs artistiques tels que les arts plastiques, l’architecture ou encore l’urbanisme.

Après avoir créé l’installation Sans objet pour la Nuit Blanche 2014 à Paris, il est invité par "Le Voyage à Nantes" pour son édition estivale 2015 où il conçoit sa première installation plastique, Spectacula. C’est à Nantes également qu’il s’essaie à l’urbanisme avec Traverses, reconfiguration du boulevard Léon Bureau sur l’île de Nantes inaugurée en juillet 2016. La même année au Musée Picasso à Paris, il imagine l’installation-performance Corps noir pour l’interprète Stéphanie Fuster. Il réalise une scénographie d’exposition, Villes Flottantes, dans le cadre de l’événement « Un été au Havre 2017 » pour le 500ème anniversaire de la ville du Havre et de son port. Aurélien Bory conçoit l’installation TROBO pour la Cité des sciences et de l’industrie à Paris, qui lui commande une œuvre pour son exposition permanente sur les robots inaugurée en avril 2019. Pour le 40ème anniversaire du festival Piano aux Jacobins il imagine l’installation cinétique Piano Piano autour de l’œuvre Piano Phase de Steve Reich.

Autre expression de sa réflexion sur l’espace, la préfiguration artistique et architecturale qu’il mène à Toulouse pour inventer un nouveau lieu de création. A cette occasion, il choisit d’accompagner des artistes dans la réalisation de leurs projets à l’exemple d’Alima Hamel qu'il soutient pour la création de Médéa Mountains en janvier 2019.

En octobre 2015, le Théâtre du Capitole à Toulouse lui confie la mise en scène et la scénographie de deux opéras dirigés par Tito Ceccherini : Le Château de Barbe-Bleue de Béla Bartók et Il Prigioniero de Luigi Dallapiccola.
En octobre 2018, il met en scène et scénographie l’opéra Orphée et Eurydice de Gluck au Théâtre national de l’Opéra-Comique avec Raphaël Pichon à la direction musicale.
L’Opéra du Capitole l’invite à nouveau en lui confiant la mise en scène de Parsifal de Wagner en janvier 2020. Sur chaque projet d’opéra, Aurélien Bory fait intervenir ses collaborateurs artistiques de la Compagnie 111.

L’œuvre d’Aurélien Bory se caractérise par de fécondes collaborations avec des créateurs de tous horizons. Souhaitant se confronter à des esthétiques singulières, il tisse des compagnonnages artistiques divers et met en scène notamment le chorégraphe Pierre Rigal dans Erection (2003) et Arrêts de jeu (2006). En 2006, il collabore avec Martin Zimmermann et Dimitri de Perrot sur Gaff Aff. En 2014, Vincent Delerm lui confie la réalisation de la scénographie de son concert Parallèles. En 2016, à l’invitation de l’architecte Patrick Bouchain et de la Fondation de France, il crée L’adresse aux enfants pour le 50ème anniversaire du Parc animalier de Branféré.

Intéressé par la transmission comme laboratoire de la création, il s’investit dans des projets de formation tels que la direction régulière de stages suivis de présentations publiques avec les comédiens de l’AtelierCité du ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie et du Cnac – Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne, avec qui il réalise notamment une reprise de répertoire du spectacle Plan B en 2016. En 2017, il mène un atelier-spectacle à partir de L’Espace Furieux de Valère Novarina, avec les étudiants de l’Ensatt - École nationale supérieure de arts et techniques du théâtre à Lyon.

 

MLADEN MATERIC est né en Yougoslavie en 1953. Il étudie la mise en scène et est diplômé de l'Université de Sarajevo. Fondateur, auteur et metteur en scène de Tattoo Theatre, il a été directeur artistique de Scène Ouverte Obala et enseignant titulaire de l'Académie des Arts de la Scène, à l'Université de Sarajevo. Il vit et travaille à Toulouse depuis 1992. 

Au début des années 80, en Yougoslavie, Mladen Materic crée le Théâtre Tattoo dont il conçoit les spectacles. Dès le départ, les acteurs et les collaborateurs de la compagnie se sont attachés à la recherche et à l’élaboration d’un nouveau langage théâtral. Consciente que l’essentiel des relations humaines se situe au-delà de l’univers des mots et de leurs significations, la compagnie impose l’action comme élément fondamental. L’exploration des innombrables sources qui influencent et modèlent nos actions et nos réactions aboutit à la création d’une forme où la diversité
des éléments qui composent le spectacle théâtral est également respectée.
Avec d’autres membres de l’Académie des Arts de la Scène, Mladen Materic fonde un nouveau théâtre à Sarajevo en 1984 “La Scène Ouverte Obala” dont il est le directeur artistique : un lieu né de la nécessité pour les artistes d’avoir un espace pour réaliser leurs projets, consacré au théâtre, mais où le cinéma et la musique ont aussi leur place. La détermination des artistes, en dépit des conditions de production parfois extrêmement difficiles, faisait d’Obala un lieu de création unique en Yougoslavie.

En 1984, Dance of the 80’s est joué à travers toute la Yougoslavie et reçoit un accueil enthousiaste du public et de la critique. Le spectacle Tattoo Théâtre, créé en 1986, acquiert une renommée internationale.
Après le Festival International d’Edimbourg, où la compagnie reçoit le “Fringe First Award”, le spectacle est joué dans un grand nombre de villes et de festivals européens et américains. En 1989, Moonplay, une nouvelle production, accompagne Tattoo Théâtre dans la plupart de ses tournées.
En 1992, la compagnie s’installe à Toulouse, au théâtre Garonne. Elle crée Le jour de fête en 1993, en collaboration avec le Festival d’Automne à Paris et le Théâtre de la Bastille, puis toujours au théâtre Garonne : Le ciel est loin la terre aussi en 1995 repris en 2000, Le petit spectacle d’hiver en 1997, L’Odyssée en 1999, Evènements en 2002 à l’Académie Théâtrale de Limoges, Pourquoi la cuisine? de Mladen Materic et Peter Handke en 2001 connaît un vif succès et donne lieu à une vaste tournée, aussi bien en France qu’à l’étranger, parmi les plus grands festivals internationaux : Festival d’Automne à Paris, Wiener Festwochen en Autriche, Edinburgh International Festival en Ecosse, Recklinghausen Festival en Allemagne, Festival de Otoño de Madrid en Espagne, Fundateneo Festival de Caracas au Venezuela etc. 

Séquence 3 (l’été 2003) est créé en 2004 au Théâtre National de Toulouse ; et au théâtre Garonne : Nouvelle Byzance en 2007 et Le Grand Inquisiteur d’après Dostoïevski (2010), Un autre nom pour ça (2013), Pour Vera Ek (2014).

Il crée en 2016 au Théâtre National de la République Serbe de Banja Luka, L'Heure où nous ne savions rien l'un de l'autre de Peter Handke, repris au théâtre Garonne et au Théâtre de Sénart.

Mladen Materic produit parallèlement des oeuvres visuelles : Installation Papa, Maman, et moi, Gruissan plage, août 2009. Espace Pierre Dac, Théâtre du Muselet, Scène nationale de Châlons-en-Champagne (novembre 2002). Installation A land looking for a continent à la Bienal de Valencia, Espagne (2001). Installation La cuisine à l’exposition Stanze e Segreti, Milano, Rotonda della Besana (2000). Installation à la Rétrospective du Mouvement des Nouveaux Primitivistes (1991). Installation à l’exposition Yougoslave Documenta Exhibition (1990). Dance of the Eighties, vidéo,  prod Scène Ouverte Obala et TV Sarajevo, 1985, programmé sur la chaîne nationale (1988) et présenté à Boston Festival of Middleuropean, au Contemporary Arts (88) et à New York Art Center (89).

Il a enseigné et animé des stages professionnels dans de nombreux pays : Venezuela, Anglerre, Serbie, Australie, Pays-Bas, Italie... et, outre Toulouse, plusieurs villes françaises