Jeanne Candel, Samuel Achache

La Chute de la maison

La Chute de la maison

Jeanne Candel
Samuel Achache

Dans un hôpital au début du XXe siècle, une femme, déclarée morte des suites de ses blessures causées par une chute de cheval, se réveille à la morgue trois jours plus tard. Le personnel médical, hésitant entre l’erreur qu’ils auraient pu commettre et le miracle, décide de la garder en observation et de lui jouer le royaume des morts. Dans cette "maison  hôpital" où les morts s’enchaînent et parfois ressuscitent, la folie rôde, chacun tentant de faire face à l'existence irrationnelle de cette femme. Et si le destin commun s’achemine vers une inéluctable catastrophe, l’angoisse se chante avec volupté.
C'est avec une dizaine de jeunes acteurs "Talents Adami" que le binôme Candel / Achache créa cette pièce en 2017, d'après des motifs de La Chute de la Maison Usher, nouvelle fantastique d’Edgar Allan Poe et des lieder de Schubert et Schumann. Un cocktail aussi subtil que déjanté, à mi-chemin entre théâtre et opéra.

Nommés depuis peu à la direction du Théâtre de l'Aquarium, à la Cartoucherie de Vincennes, Jeanne Candel et Samuel Achache sont aussi artistes associés au théâtre Garonne ; ils y ont présenté une bonne partie de leur répertoire, de Robert Plankett à Demi-Véronique en passant par Le Crocodile trompeur / Didon et Enée et, avec le ThéâtredelaCité, Orfeo. Des spectacles réjouissants, qu'ils inventent à plusieurs voix, au sein du collectif La Vie brève, glanant ici et là toutes sortes de matériaux comme autant de supports de jeu.

Théâtre
18 > 21 Décembre
mer 18 déc / 20:00jeu 19 déc / 20:00ven 20 déc / 20:30sam 21 déc / 20:30
durée 2h
Coproduction
Tarifs de 10 à 25€
La Chute de la MaisonEntretien

Grâce au dispositif "Paroles d’acteurs", vous travaillez avec dix jeunes comédiens que vous ne connaissez pas personnellement sur une durée de répétitions très courte. Que recherchez-vous en tant que metteurs en scène dans un tel projet ?

Jeanne Candel : C’est un défi de produire une rencontre avec de nouvelles personnes et de nous déplacer dans nos processus de travail avec l’acteur. Au Centre chorégraphique de Toulouse, j’ai travaillé avec des danseurs et j’ai vite réalisé que ça m’avait nourrie autant qu’eux. Il y avait un échange fort, bien plus qu’une relation maître-élève classique. Cela paraît évident mais c’est très vrai. Quand on travaille depuis toujours avec une « bande » fidèle, ça nous oblige à reformuler plein de choses qui semblent acquises pour nous.

Samuel Achache : En fait, depuis que je fais des spectacles, j’ai toujours travaillé avec des gens que je connais, c’est comme si je n’avais plus peur d’être mauvais… Rencontrer dix acteurs en si peu de temps, c’est une véritable prise de risque !

Vous avez beau travailler au sein du collectif La vie brève avec une équipe proche et fidèle, vous n’êtes pas connus non plus pour vous engouffrer à chaque fois sur les mêmes autoroutes…

Jeanne Candel : On joue tout le temps avec les cadres. En fait, soit on s’impose un environnement de travail très serré, pour voir ce qui naît de ça, soit au contraire, on fait tout exploser. On fait exprès de se déséquilibrer, c’est ce qui crée un mouvement dans le groupe. On aime perpétuellement se remettre en question. Là, ce qui va changer avec les interprètes de "Paroles d’acteurs" que l’on ne connaît pas, c’est qu’il va falloir créer un langage commun très rapidement.

Samuel Achache :Cette question de la prise de risque m’intéresse beaucoup. Je crois qu’on peut mesurer l’endroit juste des choses qu’on s’apprête à faire au niveau de la peur qu’on a de les faire. Si on a peur, c’est qu’on n’est pas tout à fait au mauvais endroit. Son intensité est à la hauteur de l’importance des enjeux.

Jeanne Candel : Mais si la peur est trop grande, elle peut paralyser. C’est un enjeu important pour moi chez l’acteur: l’aider à se débarrasser de la peur. Quand j’étais élève actrice, cela me faisait tellement du bien d’entendre certains pédagogues, ils étaient rares, dire : « vous ne pouvez pas travailler avec la peur, laissez la au placard ». Au plateau rien ne peut arriver avec cette émotion, il faut être détendu et disponible. C’est vraiment le b-a.ba de la présence de l’acteur : la confiance. Ce que j’aimerais, c’est créer ce climat de confiance avec les comédiens de "Paroles d’acteurs" pour voir comment ils peuvent se déplier, se déployer, et au fond se révéler.

Samuel Achache: Ce qu’Alain Françon me disait au Conservatoire National d’Art Dramatique, c’est que les répétitions ne servent au fond qu’à ça, se débarrasser de la peur. Quand on y parvient, on peut prendre des risques et s’amuser à se faire des autos croches pattes. C’est comme ça que l’on ose des choses, qui peut-être d’ailleurs ne marcheront pas, mais là n’est pas la question.

De quel matériau de travail souhaitez-vous partir pour cette nouvelle création ?

Jeanne Candel : On constitue actuellement un corpus autour de textes d’Edgar Allan Poe, ses contes surnaturels mais aussi des récits plus intimes, il y a beaucoup de registres qui se mêlent dans son oeuvre. Dans notre travail, on s’imprègne toujours de littérature. Même si on ne garde pas les textes à proprement parler, nos lectures laissent toujours des traces, en souterrain. Aux textes de Poe, nous voulons ajouter des lieder de Schubert, de Schuman et de Brahms, nous cherchons des morceaux qui ne soient pas trop difficiles en terme de réalisation musicale.
Ceci est notre matière commune et initiale et après, il s’agit de faire du théâtre avec tout ça. En partant toujours du désir des acteurs bien sûr.

Samuel Achache : Pendant les répétitions, quand on essaie des choses sur le plateau, on en parle beaucoup après avec les acteurs. On analyse ce qui a été fait. Cette parole se transforme et devient un peu le squelette du spectacle.

Jeanne Candel : Oui, le corpus est le point de départ et nous, on arrive en répétition avec des questions supplémentaires, qui sont comme des consignes de jeu que l’on va tester sur le plateau. Par exemple, on propose à nos acteurs cet intitulé : « mélancolie animale », et soit après un temps de préparation, soit immédiatement, le plateau est mobilisé. Il s’agit là de définir une recherche commune, un style, une forme et une dynamique de travail. La répétition produit beaucoup de matière qui ne sera pas forcément gardée, mais tout ce que l’on crée forme un terreau commun, une mémoire de travail, et c’est très important.

Samuel Achache : Sans non plus chercher à formater ou à homogénéiser les propositions, bien entendu.

Partir à ce point des acteurs et des états de leur âme, c’est un fil directeur dans votre travail de metteurs en scène ?

Jeanne Candel : Dans notre travail en général, on s’intéresse aux formes (Monteverdi, Poe, les lieder) qui permettent de faire des plongées dans l’homme et dans les mouvements de l’âme, pour observer la manière dont tout cela se transforme de manière infinie. Je pense que, en tant qu’acteur, quand tu gouttes à ce monologue intérieur qui te met tellement en mouvement et au présent, tu ne peux plus t’en passer…

Samuel Achache : Notre travail de metteur en scène est de mettre en forme ce processus et de le déréaliser. Ce qui nous intéresse au fond c’est de partir de soi – ce soi devenu banal à soi-même – et le rendre finalement extraordinaire.

Jeanne Candel :Ce retour à soi et ces espaces d’errances intimes, c’est aussi ce que l’on souhaite partager avec le public de nos spectacles. On veut lui laisser toute sa place pour qu’il puisse se projeter là où il en a envie.

Avec cette nouvelle création, vous proposez un dispositif scénographique très proche du public. Pourquoi ce choix d’un resserrement de l’espace ?

Samuel Achache : On a envie d’un espace tri-frontal avec très peu de distance entre la scène et la salle. Les acteurs doivent être extrêmement proches des spectateurs, la forme est ainsi intime et directe. L’intimité laisse la place à une expérience du danger pour le comédien.

Jeanne Candel : Cette proximité avec l’acteur ouvre en effet au danger mais aussi à la sensualité, ou à quelque chose de drôle, de dérangeant. Sentir les peaux, les souffles très près de soi, c’est une expérience étrange pour le public mais aussi pour l’acteur qui pourra venir se cadrer tout près d’un visage de spectateur.

Samuel Achache : Même pour les chanteurs, c’est une expérience forte. Cela rompt aussi avec une posture un peu solennelle. Lorsque nous avons organisé les auditions, nous n’avons pas forcément choisi ceux qui avaient les plus belles voix, mais plutôt ceux qui étaient proches de leur monologue intérieur.
 

Propos recueillis par Agathe Le Taillandier
pour Le Festival d'Automne à Paris

 

La Chute de la MaisonPresse

Fous de talents
Michel Dieuaide/ Les Trois Coups

D’une morte qui se réveille et perturbe la vie d’un hôpital, Samuel Achache, Jeanne Candel et Florent Hubert tirent un magnifique collage théâtral et musical aux Nuits de Fourvière.
De ce qui bouleverse l’existence des personnels soignants, administratifs, confessionnels et d’entretien, nous ne vous dirons rien de plus. Ce serait vous gâcher le plaisir d’une aventure de spectateur qui, pas à pas, se vit comme une savoureuse dégustation dont les piments principaux sont l’humour, la satire et le goût du romanesque. Edgar Allan Poe en est évidemment la source première avec sa célèbre nouvelle : la Chute de la Maison Usher. Mais, il y a plus. Les réalisateurs du spectacle ont l’art de tisser une toile complexe et fine qui associe à la référence littéraire des citations musicales, instrumentales ou vocales. Ainsi, se déroule devant nous un objet artistique insolite conviant Brahms, Schubert et Schumann. Puisque d’une certaine manière, la folie rôde dans l’établissement, le mélange des genres sonne comme une évidence. Ajoutons que les metteurs en scène et le directeur musical agissent en poètes, maîtrisant subtilement l’art du jeu surréaliste des cadavres exquis.

 

Non fiction.fr
Caroline Mounier-Vehier

 

L'une des grandes réussites du spectacle est de préserver à la fois le sens des textes et l'émotion plus sensuelle que peut faire naître la musique. Les lieder font écho à la fable. Ils n'en rendent pas compte de façon illustrative ou explicative, mais l'enrichissent d'images et de sons, stimulant l'imagination des spectateurs, notamment par association d'idées. Ce sont aussi des moments de pause, ou de tension, qui interrompent la fable pour lui donner un nouveau souffle. Ce sont enfin des chants que le spectateur connaît peut-être, mais qu'il n'a jamais entendus ainsi, ce qui fait naître dans le même temps le plaisir d'une reconnaissance et celui de la surprise. Le duo de Jeanne Candel et Samuel Achache est connu pour ses spectacles mêlant théâtre et musique lyrique et celui-ci ne fait pas exception à la règle. Ses sources d'inspiration croisent notamment des textes d'Edgar Allan Poe (dont la nouvelle La Chute de la maison Usher) et des lieder de Schubert et de Schumann. On retrouve ici cette tension entre théâtre et musique, entre parole et chant, que les deux metteurs en scène exploraient aussi, avec l'aide déjà de Florent Hubert à la direction musicale, dans Le Crocodile trompeur / Didon et Enée (2013) et Orfeo / Je suis mort en Arcadie (2017).

 

Théâtre du blog
Véronique Hotte

Chez Jeanne Candel et Samuel Achache, nulle tonalité mortifère mais un sourire moqueur. Avec une grande énergie, ces jeunes gens veulent en découdre avec la scène, hors de toute atmosphère gothique. En costumes élégants du XIXème siècle: longues robes serrées à la taille et chignons relevés pour les dames, et infirmière comique qui fait sa pause en mangeant, vêtue de blanc avec un voile semi-médical, semi-religieux. Pour le médecin, un costume sombre et une blouse et pour le prêtre, une traditionnelle soutane noire. Dans des rapports sociaux de domination, chacun des personnages tient son rôle avec facétie et goût du jeu : on s’amuse, alors qu’on est pris de terreur (...)
Véritable invite au voyage intérieur, cette création incite à l’introspection. Le spectateur-ainsi proche du plateau explore l’espace intime de personnages, avec frôlements, voix et rêves. Jeanne Candel et Samuel Achache ont un jeu singulier et efficace avec anecdotes et plaisanteries sur la personnalité de chacun qui révèlent la teneur à la fois drôle et grave d’échanges amicaux, dans d’intenses moments de partage qui émeuvent le public.

 

Jeanne Candel / Samuel AchachePortrait

Jeanne Candel et Samuel Achache / La vie brève
artistes associés

 

Jeanne Candel et Samuel Achache, artistes associés au théâtre Garonne avec La vie brève y ont présenté : Robert Plankett (2011), Le Crocodile trompeur / Didon et Énée (2013), Fugue (2016), Le Goût du faux et autres chansons (2015), Fugue (2016), Demi-Véronique (2018) ; avec et au ThéâtredelaCité : Orféo / Je suis mort en Arcadie.

Originaire de Toulouse, Jeanne Candel entre en 2002 au Conservatoire national supérieur d'art dramatique où elle travaille avec Andrzej Seweryn, Joël Jouanneau, Muriel Mayette, Philippe Adrien, Mario Gonzalès et Arpàd Schilling. Elle met en scène Icare, une création itinérante entre le théâtre et la danse au CNSAD en 2004. En 2005, elle danse au sein de la Cie AZAR dans L’Imprudence (Isabelle Catalan). De 2006 à 2009, elle travaille régulièrement avec le Kretakör d’Arpàd Schilling avec qui elle crée quatre spectacles.

Elle joue au cinéma dans les films de Michael Hers (Primrose Hill, Montparnasse, Memory Lane). Au Théâtre de Vanves, elle écrit et crée avec les acteurs de La vie brève, le collectif qu’elle a créé en 2008, Robert Plankett (Artdanthé 2010) et Montre-moi ta Pina, une soirée dédiée à Pina Bausch (janvier 2010).

Durant l’été 2010, elle met en scène sa deuxième création, Nous brûlons, une histoire cubiste avec La vie brève dans le cadre d’Un festival à Villeréal. En novembre 2010, avec Thomas Quillardet, elle met en scène Villégiature au CDN de Limoges. En juillet 2012, elle met en scène Some kind of monster sur un terrain de tennis dans le cadre d’Un festival à Villeréal. En 2013, elle met en scène avec Samuel Achache Le Crocodile Trompeur / Didon et Enée, théâtre-opéra d’après Henry Purcell créé à La Comédie de Valence, qui reçoit l’année suivante le Molière du spectacle musical. En 2014, elle crée à La Comédie de Valence Le goût du faux et autres chansons. En 2015, elle présente avec Lionel Dray Dieu et sa maman, une performance pour et dans l’église Notre-Dame-de-Soyons à Valence. En mars 2016, sur une proposition de l’Opéra de Lyon, Jeanne Candel mettra en scène son premier opéra, Brundibár d’Hans Krása, une œuvre lyrique pour enfants qui sera présentée à La Comédie de Valence puis au Théâtre de la Croix-Rousse à Lyon. En janvier 2017, elle retrouvera Samuel Achache pour créer à La Comédie de Valence Orfeo - Je suis mort en Arcadie autour de L'Orfeo de Monteverdi et d’autres matériaux. En février 2018, elle crée à La Comédie de Valence Demi-Véronique, ballet théâtral d’après la cinquième symphonie de Gustav Mahler. En septembre 2019, création de Tarquin au Nouveau Théâtre de Montreuil.

En 2017, Jeanne Candel et Samuel Achache participent à "Parole d'acteurs" initié par l'Adami; la règle du jeu impose de créer un spectacle avec dix jeunes comédiens après trois semaines de répétition, c'est La Chute de la maison d'après Edgar Poe, repris en automne 2019 au théâtre Garonne.

 

Samuel Achache se forme au Conservatoire du Ve arrondissement avec Bruno Wacrenier puis au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique dans les classes de Dominique Valadié, Nada Strancar, Muriel Mayette, Arpád Schilling, Philippe Adrien, Alain Françon, Mario Gonzales... Au cours de sa formation, il joue dans les mises en scène de Raphaëlle Bouchard et Thomas Quillardet (Une visite inopportune de Copi), Samuel Vittoz (Des couteaux dans les poules de David Harrower), Olivier Coulon-Jablonka (Calderón de Pier Paolo Pasolini), Jeanne Candel (Icare, création de danse).

Au théâtre, il joue dans les mises en scène de Sébastien Davis (Thyeste 1947 d’après Sénèque), Sylvain Creuzevault avec la compagnie d’Ores et déjà (Baal de Bertolt Brecht, Le Père Tralalère, Notre Terreur), Antoine Cegarra avec la compagnie d’Ores et déjà (Wald), Arpad Shilling (Père courage), Vincent Macaigne (Au moins j’aurais laissé un beau cadavre d’après Hamlet de Shakespeare), Arthur Igual (Le Sacre du printemps de Stravinsky). Il danse dans L’Imprudence, chorégraphie d’Isabelle Catalan en 2007.

Au cinéma, il joue en 2006 dans Ti amo, court-métrage de Franco Lolli, en 2008 dans Le Hérisson, long-métrage de Mona Achache et en 2009 dans Carlos, long-métrage d’Olivier Assayas, Pourquoi j’ai écrit la Bible et De longs discours dans vos cheveux d’Alexandre Steiger en 2016 et 2018.

En 2013 il co-met en scène avec Jeanne Candel Le Crocodile trompeur/Didon et Enée, théâtre-opéra d’après Henry Purcell. En 2015 il met en scène Fugue qui sera présenté au Festival d’Avignon de la même année au Cloître des Célestins. Avec Jeanne Candel à nouveau : Orfeo / Je suis mort en Arcadi d’apres l’Orfeo de Monteverdi en 2017 ainsi que La chute de la maison la même année. En 2018, il met en scène Chewing gum silence avec Antonin Tri Hoang. En 2019, il met en scène Songs au Théâtre des Bouffes du Nord à partir de musiques anglaises du XVIIe siècle.

Il collabore régulièrement avec le Théâtre des Bouffes du Nord. Il est artiste associé au théâtre Garonne à Toulouse et sera prochainement associé à l’Opéra-Comique. Il fait partie du Collectif artistique de La Comédie de Valence - CDN Drôme Ardèche.

 

La vie brève

Fondée en 2009 à Paris, La vie brève est un «ensemble» où acteurs, musiciens, metteurs en scène, scénographe, costumier, techniciens, se retrouvent régulièrement pour des périodes de recherche et de création. Si le parcours de formation est à l’origine des premières rencontres et du noyau initial, La vie brève ne cesse d’évoluer depuis 8 ans, se métamorphose, se reformule selon les nécessités des spectacles qu'elle propose. L’écriture collective est ce qui façonne les créations de La vie brève, les acteurs et/ou musiciens et chanteurs sont placés au centre et sont considérés comme des créateurs, des auteurs et non pas seulement comme des interprètes. Cette écriture polyphonique décloisonne les fonctions et les techniques des personnes qui font les spectacles de la compagnie.

La vie brève s'intéresse particulièrement au rapport entre la musique et le théâtre. La compagnie fait de «l’opéra avec les moyens du théâtre» et met la musique sur scène et en scène : «live» (la plupart des interprètes sont musiciens, issus de formation jazz ou classique) ou enregistrée, la musique est présente dans tous les spectacles. La question essentielle posée lors des répétitions est : comment la musique et le théâtre «tressent l’action» simultanément ; comment théâtre et musique jouent ensemble, se jouent l’un de l’autre, s’opposent, fusionnent et ouvrent une profondeur de champ ? Cela conduit à expérimenter des processus de recherches très variés, des formes libérées de tout dogme, car ancrées dans l’empirisme du plateau et de son bricolage. Les créations sont composées de matériaux très variés, qui rendent les cadres de représentation élastiques : matières et références picturales, cinématographiques, scientifiques ou philosophiques, sont autant de supports de jeu, convoqués à l’improvisation et à l’écriture de plateau.

https://laviebreve.fr/compagnie

 

La Chute de la MaisonGénérique
Coproduction

mise en scène Jeanne Candel et Samuel Achache
d’après des motifs d’Edgar Allan Poe, de Franz Schubert et de Robert Schumann avec Margot Alexandre (en alternace), Adrien Bromberger, Chloé Giraud, Louise Guillaume, Julie Hega, Antonin Tri-Hoang, Jean Hostache, Hatice Özer, Vladimir Seguin, Maxence Tual, Valentine Vittoz (en alternace)
direction musicale Florent Hubert
chef de chant Nicolas Chesneau
lumières César Godefroy
production Festival d’Automne à Paris ; La vie brève – Théâtre de l’Aquarium , Paris
coproduction Adami
coproduction pour la reprise Théâtre des Quartiers d’Ivry, théâtre Garonne – scène européenne, Toulouse
Spectacle créé le 3 octobre 2017 à l’Atelier de Paris, CDCN avec le Festival d’Automne à Paris et dans le cadre du dispositif « Talents Adami Paroles d’acteurs »