in extremis 2021

10mai>30mai

Depuis plusieurs années, le festival In Extremis s’ingénie à présenter des œuvres issues de toutes disciplines, produites par des artistes de toutes origines, dans un surprenant patchwork de formes et d’esthétiques qui ne s’inscrivent dans aucune thématique prédéfinie. Pour autant, l’édition 2021 d’In Extremis contrevient quelque peu à cette habitude, en inscrivant l’ensemble de sa programmation dans un territoire thématique intitulé : Hospitalité.
C’est d’abord le fruit d’une rencontre : quand voici quelques années nous croisons la route d’Itzik Giuli (entre autres, collaborateur de la chorégraphe Yasmeen Godder et directeur artistique de l’Israel Festival de Jérusalem), il nous parle de son idée d’inviter des artistes à partager le quotidien de familles ou de communautés installées dans une ville, qui les accueilleraient comme pour une résidence de travail. Puis de demander à ces artistes des œuvres inspirées par ce temps partagé – à présenter dans des appartements, des parcs, des usines, des écoles, ou même pourquoi pas… des théâtres ! Son idée a un nom : Home – Spirit – Hospitality.
C’est donc le fruit de cette rencontre, autant que le projet centré autour de l’idée même de rencontre, qui nous décide, courant 2019, à engager un In Extremis tout entier consacré à cette forme particulière d’hospitalité – l’art comme hospitalité.
Puis il se trouve que, quelques mois plus tard, une pandémie mondiale entraîne – parmi d’innombrables conséquences – la fermeture des frontières, l’arrêt soudain et total de l’activité dans les théâtres, ainsi qu’un confinement généralisé de la population. Tout cela dans tous les pays du globe, simultanément. Home… Spirit… Hospitality ?
Itzik Giuli : « Aujourd’hui, dans le contexte d’une pandémie mondiale, la reprise de l’activité dans le domaine des arts du spectacle soulève de nombreuses questions. Home – Spirit – Hospitality, qui a été initié avant l’apparition de la Covid-19, visait depuis le début à explorer ces mêmes questions dans un contexte plus large – anticipant un avenir qui est maintenant à nos portes. Comment remodeler les relations entre institutions culturelles et populations locales ? Que signifie aujourd'hui créer “pour” / “avec” un public ? Ou encore accueillir une représentation ? Que signifient les "relations publiques” à une époque de "distanciation sociale” ? Comment repenser le concept de “local” sans le réduire à une interprétation purement géographique, et éviter le repli nationaliste toujours menaçant (et plus encore maintenant) ? Continuer à accueillir “l’étrangeté” qui nourrit toute identité locale ? Ouvrir, enfin, sa maison à l’étranger, et même définir ce qu'est seulement une "maison” ? »

Tout au long du mois de mai 2021, une dizaine d’artistes investiront la ville, inventeront, partageront et présenteront spectacles, installations, concerts, comme autant de réponses possibles à ces questions que le « monde d’après » nous pose dès à présent, alors que nous ignorons tout du lendemain : In Extremis n’aura jamais autant mérité son titre.