création 2022

Intérieur vie, Intérieur nuit

Kayije Kagame/Cie Victor 

Dossier de presse

Intérieur vie, Intérieur nuit

Kayije Kagame
cie Victor [Suisse]

Indéfinissable Kayije Kagame, saisissante et lumineuse dans Rambuku de tg STAN et Maatschappij Discordia vu à Garonne la saison passée, on ne sait jamais de quel côté de la scène ou de l’écran, dans quel espace elle va se trouver.

L’indéfini semble être son territoire. C’est une première pièce en deux volets, Sans Grace/Avec Grace, qui révèle cette écriture de l’absence. Elle en poursuit l’exploration.
Diptyque scénique et cinématographique, Intérieur vie/Intérieur nuit fait apparaître ces imperceptibles présences qui nous accompagnent. Cette manière qu’ont nos proches de nous habiter. Gaël Kamilindi de la Comédie-Française et l’artiste Victor Hugo de la Torre habitent Intérieur vie. Seule en scène, Kayije Kagame les évoque par touches légères, intimes et parfois drôles…
Autant de précieux indices à récolter en attendant la projection du film Intérieur nuit. Un court-métrage co-réalisé avec Hugo Radi, qui vient compléter la composition de cette galerie fragmentée. Au terme de ce voyage, chacun·e aura rencontré son personnage – peintre, danseur·euse, gardien·ne de musée ou comédien·ne. Toutes et tous auront vu passer des anges.

théâtre / cinéma
8 > 9 Novembre
mar 8 nov / 20:00mer 9 nov / 20:00

durée 1 h 10
création 2022
tarifs généraux de 12 à 20 € / tarifs adhérent·es de 10 à 15 €
Kayije KagamePortrait

Après avoir intégré l’École nationale supérieure des arts et technique du Théâtre de Lyon au département Jeu, Kayije Kagame est repérée par Robert Wilson et participe au Watermill International Summer Program ainsi qu'à plusieurs de ses productions. Elle est auteure de performances, de pièces sonores, de films ou encore d'installations qu'elle présente en Suisse et à l'étranger. Elle joue aux côtés de Damiaan de Schrijver (tg STAN) et Matthias de Koning (Maatschappij Discordia) dans la pièce Rambuku, accueillie à Garonne en janvier 2022.
Côté cinéma, Alice Diop confie à Kayije Kagame le rôle principal d'une fiction intitulée Saint Omer et sélectionné en compétition Internationale à la Mostra de Venise en septembre 2022.

Hugo RadiPortrait

Hugo Radi est réalisateur de films. Il explore un cinéma de territoire qui entremêle des réalités contemporaines avec l'Étrange. Il mélange écriture narrative, automatique et sample. Son dernier court métrage initial a été présenté à Vision du Réel et au festival Côté-Court cette année. Parallèlement à sa pratique, il collabore régulièrement avec Kayije Kagame. Pour sa dernière création Intérieur vie / Intérieur nuit (2022), un diptyque scénographique et cinématographique, il assure la conception sonore de la pièce Intérieur vie et la co-réalisation du film Intérieur nuit.

Intérieur vie, Intérieur nuitPresse

Son rire bref et enfantin devant l’affiche de son spectacle. La comédienne genevoise Kayije Kagame s’étonnerait presque de sa bonne fortune et cette candeur est une grâce. Cette rentrée est pourtant la sienne. Une fête ! Vendredi, elle jouera Intérieur vie, la pièce / Intérieur nuit, le film, sa nouvelle création au Grütli à Genève, à l’affiche du festival La Bâtie. Et le 7 septembre, elle sera à la Mostra de Venise où elle assistera à la projection de Saint-Omer, film de la passionnante Alice Diop, dans lequel elle joue le rôle principal.
« Tout dans ma carrière est histoire de hasards heureux », glisset- elle dans le jardin d’hiver qui, au Grütli, sert de foyer aux artistes. Kayije Kagame et son mètre 82 respirent la noblesse. Son chemin, elle le trace sans céder aux vanités du milieu, en grande sœur qu’elle est pour ceux qu’elle élit.
Intérieur vie, la pièce/ Intérieur nuit, le film est le bréviaire de ses affections. Elle y célèbre son ami, le comédien genevois Gaël Kamilindi, aujourd’hui pensionnaire de la Comédie-Française, et son parrain, le peintre cubain Victor Hugo de la Torre, qui a vécu en exil à Genève. Son antre, dans le quartier des Pâquis, s’appelait l’Atelier des anges. Un bon titre aussi pour le diptyque de Kayije.

Des douleurs sans nom
Car le théâtre est pour cette pudique ce lieu toujours un peu magique où des absents se parent de leurs costumes de cérémonie. A travers un court métrage, coréalisé avec Hugo Radi, et une pièce, elle ranimera la mémoire de Victor Hugo de la Torre, histoire d’entendre encore son rire tonitruant, de sentir se poser sur le monde ses yeux saphir de mage noir, de dessiner l’archipel de ses désirs. « Michel Kr.henbühl et Victor Hugo sont mes parrains, raconte Kayije Kagame. Quand il ne peignait pas, il était gardien de musée et son bonheur était de nous faire venir aux vernissages. C’est lui qui m’a initiée à l’art. »
Escorte des ombres. Kayije se projette dans l’avenir avec tout son monde. Enfant, dans le quartier des Avanchets à Genève, elle a vu son père Faustin, journaliste et poète, s’opposer à Juvénal Habyarimana, le président rwandais, dont la mort dans un attentat, le 6 avril 1994, a servi de prétexte à l’un des pires génocides de l’histoire. Elle a su que le Rwanda de ses parents basculait dans l’horreur, quand des milices hutues tuaient 800 000 Tutsis en quatre mois, entre avril et juillet de la même année. Elle a traversé des douleurs sans nom à distance, avant d’en éprouver le choc au Bâtiment des forces motrices en 2001 devant l’extraordinaire Rwanda 94, spectacle du Belge Jacques Delcuvellerie où témoignaient des rescapés.
Ce soir-là, elle mesure le pouvoir d’une présence sur les planches. S’imagine-t-elle alors comédienne ? « Je travaillais dans une crèche et c’est vraiment la chance qui fait que c’est venu. J’avais 18 ans, j’étais à Rome, je suis tombée sur un artiste, plasticien et metteur en scène, qui m’a engagée dans un grand spectacle où figurait aussi la chanteuse béninoise Angélique Kidjo.» Elle apparaît deux minutes avec un coq de Chine dans les bras, c’est le chant de l’aube et une révélation.
C’est là qu’entre en scène Gaël Kamilindi, son frère d’âme qui, enfant, a dû quitter son Congo natal. « Nos deux mères étaient à l’internat ensemble. C’est lui qui m’a orientée vers le Conservatoire de Genève, qui m’a recommandé l’Ensatt, l’une des grandes écoles françaises basée à Lyon. J’ai passé le concours et j’y ai été admise. » A la sortie, il lui parle de Bob Wilson, ce Texan que les théâtres du monde entier s’arrachent. Il fait passer des auditions à Paris pour sa mise en scène des Nègres de Jean Genet.
« Nous étions beaucoup d’acteurs et d’actrices de couleur à attendre notre tour, dans un climat de grande solidarité. J’ai fait ma scène devant Bob Wilson et à la fin, il m’a fait un clin d’oeil. Le soir, Gaël m’a appelée. Nous étions tous les deux retenus et fous de joie.» Elle joue Vertu, la prostituée, Gaël son amoureux. Pendant les répétitions, Bob Wilson dirige ses comédiens comme un calligraphe rêve son livre. Fidèle à sa réputation, il donne peu d’indications. « Il me parlait de Marlene Dietrich, me disait qu’il fallait que je m’inspire de son élégance. Je jouais « en piquant », et c’était très fort.»

Les étoiles de Kigali
Dans le jardin d’hiver du Grütli, elle s’inquiète de ne pas bien s’exprimer. On la rassure : chacun de ses mots est pensé. Elle parle comme elle rêve sa vie, dans un mélange de liberté et de gravité. « J’ai beaucoup refusé de projets parce qu’ils véhiculaient une image raciste ou sexiste. » Cet été, elle est retournée à Kigali, deux semaines de joie dans un pays qui couture ses plaies. La nuit, elle regardait les collines du pays constellées de lumières : une myriade de présences. « Ce qui m’émeut, c’est que beaucoup d’exilés sont revenus », souffle-t-elle.
Intérieur vie/Intérieur nuit est l’odyssée secrète des siens, de sa mère Josepha, enseignante d’histoire et de français au cycle de Cayla, de Faustin, ce père courage, de Victor Hugo de la Torre, de Gaël. « Quand je suis sur scène, j’aspire à disparaître derrière l’évocation de leurs histoires. » Kayije a des éclairs de gaîté. De la cinéaste Alice Diop, elle dit qu’elle est comme une soeur et que c’est la rencontre du siècle. Son spectacle, elle a failli l’appeler « Garde- robe ». Elle voulait demander à ses proches d’y déposer des objets qui comptent. Sur scène, ils auraient composé le patchwork des âmes aimantes. Elle en aurait délicatement distillé l’élixir. Sans hésiter, on lui confie le barda de nos fantômes.

Alexandre Demidoff , Le Temps, 24 août 2022

Intérieur vie, Intérieur nuitPresse

Au Grülti, Centre genevois de production et de diffusion des Arts vivants, en partenariat avec le Festival de la Bâtie, l’artiste suisse de 37 ans poursuit son travail sur les vides, les manques et les fantômes qui peuplent nos inconscients et les univers dans lesquels nous évoluons au quotidien.

Pour cette nouvelle création, Kayije Kagame propose une immersion dans les coulisses du théâtre, dans cet univers hanté par les comédiens, les techniciens, les personnages tout droit sortis des œuvres qui y sont joués tous les soirs. Suivant le parcours de Gaël Kamilindi, entré au Français en 2017, elle imagine une balade entre ombres et lumières et fait de l’absence le personnage principal d’Intérieur vie / Intérieur nuit, une performance où se conjugue art dramatique et travail cinématographique.

Tout commence dans une pénombre parfaitement ciselée. Au loin, des bruits de talons résonnent. Puis une voix off égrène des termes de théâtre, une autre susurre quelques mélodies allemandes. Lentement, une atmosphère singulière s’installe faite des choses que l’on perçoit dans les non-dits, dans les êtres évoqués mais irrémédiablement invisibles. Apparaissant dans un halo de lumière, de trois-quarts dos au public, la comédienne récite d’un ton monocorde une litanie bien étrange, presque absurde, où il est question d’objets fétiches, de poésie, de Sarah Bernhardt, de Comédie Française et de Victor Hugo.

Entremêlant bandes son, mélodies d’ailleurs, visites nocturnes dans les couloirs de la salle Richelieu, dans les galeries du musée d’histoire naturelle de Genève, Kayije Kagame signe un spectacle ovniesque, une ode à l’art vivant, aux spectres qui errent et habitent nos vies. Bien que l’œuvre puisse paraître absconse, voire imperméable, il flotte dans l’air une sensation de mystère qui interroge nos perceptions, notre capacité à voir au-delà de l’absence. Intrigant !

Olivier Frégaville-Gratian d’Amore – Envoyé spécial à Genève / 1er septembre 2022

Intérieur vie, Intérieur nuitPresse

"Un rien peut évoquer l’autre, celui ou celle qu’on attend, dont on rêve, qu’on aimerait revoir, dont on a entendu si souvent parler sans parvenir à se le figurer totalement… Intérieur vie / Intérieur nuit est ainsi un spectacle tout en évocation, où chacun et chacune voit, ressent quelque chose de différent."

Fabien Imhof, La Pépinière, 29/08/22

Intérieur vie, Intérieur nuitGénérique

Intérieur vie, la pièce
conception, écriture, jeu Kayije Kagame
assistante à la mise en scène Agathe Raboud
dispositif scénique Nadia Lauro
conception costume Salomé Poloudenny
conception sonore Hugo Radi, Andreas Lumineau
conception lumière Dinko Baresic

administration Cie Victor
coproduction La Bâtie-Festival, Le Grütli – Centre de productions et de diffusions des arts vivants, Arsenic – centre d’art scénique contemporain, le Centre Culturel Suisse, Théâtre de Gennevilliers T2G, Paris, théâtre Garonne – scène européenne, Toulouse, Festival Actoral, Marseille

création 2022, le 26 août, à La Bâtie-Festival (Suisse)

Intérieur nuit, le film
écriture, réalisation Kayije Kagame, Hugo Radi
assistante à la réalisation Carla Hennequart
avec Gaël Kamilindi de la Comédie-Française, Damiaan de Schrijver, Kayije Kagame, Aliosha Rodríguez Espinosa
conception costume Salomé Poloudenny
chef opérateur Augustin Losserand
premiers assistants caméra Raphaël Aprikian, Amandine Nolin
chef électricien Antoine Buisson
son Léo Couture
catering Salomé Ziehli
montage image Gabriel Gonzalez
montage son Imanol Pittaluga
régisseuse générale Marie Beringue

coproduction la Bâtie-Festival, le Grütli – Centre de productions et de diffusions des arts vivants Genève, Arsenic – centre d’art scénique contemporain Lausanne, le Centre culturel suisse, le Théâtre de Gennevilliers T2G, Paris, Festival Actoral, Marseille