Amphitryon

Heinrich von Kleist / Sébastien Derrey

Théâtre
coproduction
22fév>25fév
billet
mercredi 22 février 2017 / 20:00 / 2h45
jeudi 23 février 2017 / 20:00 / 2h45
vendredi 24 février 2017 / 20:00 / 2h45
samedi 25 février 2017 / 20:00 / 2h45

"J'ai lu la pièce le cœur battant, comme s'il s'agissait d'un polar. Il y a un vrai suspense. Suspense de la pensée. On suit avec un plaisir trouble ces personnages qui trébuchent, s'égarent au-dessus d'un gouffre qui s'agrandit sous eux. "
Sébastien Derrey

Ancien dramaturge de Claude Régy, Sébastien Derrey a fait ses armes de metteur en scène en se frottant aux écritures de Savitzkaya et Guyotat : autant dire que le garçon n’est pas là pour amuser la galerie. Pourtant, son précédent dyptique, Mannekijn et Tahoe, écrit par Frédéric Vossier, tenait un peu du vaudeville, mais un vaudeville déglingué, où les claquements de portes résonneraient dans le néant.
Aujourd’hui, cet amoureux des écritures contemporaines s’attaque à un (faux) classique : en 1806, Kleist entreprend de traduire L’Amphitryon de Molière, mais finit par le revisiter si largement qu’il crée une nouvelle pièce. De l’argument mythique (le roi Amphitryon étant parti à la guerre, le Dieu Grec Zeus en profite pour prendre son apparence et faire un petit Héraclès à sa femme), Kleist retient surtout la figure du double, et y glisse ses propres obsessions : la quête vertigineuse de l’identité, le doute, la vérité. Au cœur des préoccupations d’un Sébastien Derrey : par-delà les tromperies et les faux-semblants qu’ils prodiguent aux mortels comme de sales petites blagues, les dieux sont peut-être descendus sur terre pour accomplir une mission autrement plus noble : réveiller la part divine de l’homme, à savoir le désir.

texte Heinrich von Kleist
mise en scène Sébastien Derrey
traduction Ruth Orthmann, Eloi Recoing
avec Frédéric Gustaedt, Olivier Horeau, Catherine Jabot, Fabien Orcier, Nathalie Pivain, Charles Zevaco 
lumière Ronan Cabon
scénographie Olivier Brichet
son Isabelle Surel
costumes Elise Garraud
maquillage Cécile Kretschmar
régie générale Pierre Setbon
administration Silvia Mammano
diffusion Mathilde Priolet
production déléguée Compagnie migratori k. merado
coproduction Maison de la Culture de la Seine Saint-Denis (MC93), Centre dramatique national de Besançon Franche-Comté, Théâtre de la Commune Centre dramatique national d’Aubervilliers, théâtre Garonne
avec l’aide de la DDRAC Ile de France, d’Arcadi Ile-de-France/Dispositif d’accompagnements, de la SPEDIDAM, « la SPEDIDAM est une société de perception et de distribution qui gère les droits des artistes interprètes en matière d’enregistrement, de diffusion et de réutilisation des prestations enregistrées »
avec le soutien du Studio-Théâtre de Vitry

remerciements au théâtre de l’Echangeur, Bagnolet, Sabine Macher, Frédéric Vossier
création en septembre 2016, à La Commune d’Aubervilliers

de 9 à 24€

Sébastien Derrey débute en 1994 comme assistant avec Marc François. En 1996 il devient dramaturge de Claude Régy, ce qu’il restera pendant 13 ans. Parallèlement, il est acteur pour Marc François, Noël Casale qu’il assistera également, et pour David Lerquet et Serge Cartellier. Passionné par la Langue des Signes Française, il anime depuis 2006 des ateliers de théâtre pour sourds et malentendants. En 2005, il cofonde la Cie migratori k. merado, au sein de laquelle il a mis en scène plusieurs pièces. Sébastien Derrey collabore parallèlement avec d’autres équipes et metteurs en scène, actuellement en tant que collaborateur artistique avec Stéphane Olry et Corine Miret pour La Revue Eclair. Il créé en 2016 Amphitryon d’Heinrich Von Kleist.

Heinrich von Kleist (1777 –1811) est un écrivain allemand, poète, dramaturge et essayiste.
En 1807, Kleist est soupçonné d’espionnage et se fait arrêter par les français. Il sera incarcéré quelques mois au Fort d’Anjou puis transféré à Châlon-sur-Marne avant d’être libéré. Son « Amphitryon, une comédie d’après Molière » paraît pendant sa captivité. Il s’installe alors à Dresde. En 1808, il subit l’échec de la représentation de sa pièce.
"Heinrich von Kleist mena la vie la plus heurtée qui se peut imaginer. Frustré de satisfactions sentimentales, maladroit dans l'action, il ne trouva que dans la création littéraire l'aliment dont sa fiévreuse ambition avait besoin. Mais, dans ce domaine aussi, il usa de malchance. Goethe, qui détestait l'art intempérant de Kleist, lui ferma beaucoup de portes. Jamais Kleist ne put voir représenter sur la scène aucune des pièces qu'il écrivit. La postérité, elle aussi, mit longtemps à le retrouver : il fallut attendre les années 1920 du XXe siècle et les temps de l'expressionnisme pour qu'on découvrit enfin son génie. " Claude DAVID, Encyclopædia Universalis