Chorégraphe, performeur, artiste pluridisciplinaire, Vincent Dupont fait converger différents médiums vers le chorégraphique : pièces, films, installations participent d’une œuvre singulière où, dans un vertige hallucinatoire, l’archaïque rejoint l’extrême contemporain. Puisant son inspiration dans la tradition théâtrale comme dans les arts plastiques, il expérimente avec l’image qu’elle soit analogique, numérique, ou encore subliminale, et réalise des dispositifs immersifs qui provoquent un trouble de la perception. Déclenchant des visions qui s’actualisent dans l’imaginaire du spectateur, il amplifie ses sensations, de même qu’il augmente celles de ses danseur·euses. Équipé·es de micros embarqués qui les relient à leur propre respiration, à l’écoute de leur musique interne, iels évoluent dans un état de conscience modifié. Ce procédé vibratoire crée une osmose entre le souffle vital et le mouvement, en résonance avec l’espace.
De son passé d’acteur, Vincent Dupont garde un goût prononcé du texte. Il aime mettre en bouche la parole des poètes : celles d’Agrippa d’Aubigné, de Christophe Tarkos, de Charles Pennequin, auquel il dédie Bine, une installation-performance. Rompu à la photographie, il cultive la profondeur de champ, comme l’obsession du cadrage. Doué d’une intelligence architecte, il construit lui-même ses scénographies, jouant sur les échelles pour mieux bouleverser la perspective. Qu’il façonne les masques de Silex et craie, élabore des costumes ou des objets marionnettiques, Vincent Dupont maitrise chaque étape de l’esquisse à la conception. Considérant la fabrique théâtrale comme l’expérience d’une mise en commun, il s’entoure de Myriam Lebreton pour la collaboration artistique, d’Yves Godin pour la lumière, de Thierry Balasse et Maxime Fabre pour le son, de Valérie Joly pour la voix...
Comme interprète, Vicent Dupont croise les chemins de Thierry Thieû Niang, de Georges Appaix, d’Hubert Colas, d’Olivia Grandville, de Boris Charmatz, et au cinéma, celui de Claire Denis, avant de créer en 2002 son association J’y pense souvent (...) pour développer ses propres projets tout en continuant à participer de la recherche d’autres artistes. Récompensé par le prix de la SACD en 2007 par le Prix "nouveau talent chorégraphie", Vincent Dupont est depuis 2016 soutenu au titre de l’aide à lacompagnie chorégraphique conventionnée (DRAC Ile de France). Après avoir été artiste associé à ICI-Centre chorégraphique national de Montpellier-Occitanie, puis au Centre des Arts d’Enghien-les-Bains, il est associé à la Maison de la Danse et Biennale de Lyon à compter de la saison 2023-24.