Che dolore terribile è l'amore (répétition, Marzo 2026)

Che dolore terribile è l'amore

Daria Deflorian

Italie
20:00
Théâtre
coproduction

Quelle douleur terrible est l'amour
Daria Deflorian met en scène un roman de l’autrice et prix Nobel de littérature Han Kang. Entre morts et vivants, entre rêve et amitié, se glisse la mémoire d’un massacre oublié et nié. 

Après le succès de La Vegetariana, présenté à Garonne en 2025, Daria Deflorian poursuit son incursion dans l’œuvre de l’écrivaine sud-coréenne Han Kang (Prix Nobel de littérature 2024). Entourée de la même équipe, la metteuse en scène adapte cette fois Impossibles adieux.
Les trente-mille cadavres abandonnés par l’État après le massacre de l’île de Jeju en 1948 ont été dissimulés et leur recherche interdite. Une règle qui, de génération en génération, a laissé une plaie à vif et des fantômes persistants. Sans chercher à reproduire au plateau le tissage complexe du livre, Daria Deflorian en extrait ici l’essence, mettant en regard leurs récits intimes respectifs et la grande Histoire. Une adaptation par fragments qui convoque toute la poésie du roman et qui, au travers des trois figures au plateau, cherche à réparer bien des liens avec beaucoup de sensibilité.

Infos pratiques

Durée 
1h30
Langue 
italien surtitré en français
Âge 

Tout public à partir de 14 ans

Tarif 
de 10€ à 25€

Agenda

Che dolore terribile è l'amore © Andrea Pizzalis
Théâtre
Daria Deflorian
Che dolore terribile è l'amore
Che dolore terribile è l'amore © Andrea Pizzalis
Théâtre
Daria Deflorian
Che dolore terribile è l'amore

Note d'intention

Deux choses émergent avec force du roman : l’horreur de la violence d’un massacre perpétré par l’État contre une population sans défense, et la puissance pénétrante de l’amour. À travers la recherche d’un être cher qui dure toute une vie, Han Kang explore les manières dont la nature brutale et totalisante de la violence écrase toute individualité, mais aussi comment une espérance tenace parvient à sauver une seule personne tombée dans l’oubli, en touchant et en illuminant les vies d’autres victimes. Un « archive d’amour », comme l’aurait dit Didi-Huberman, où la survie passe par des images fragiles, interrompues, proches de la disparition. Et pourtant obstinément présentes.

Nous avons choisi cette trace comme un signe fort de notre spectacle — dedans et dehors du roman. Non pas sa représentation — impossible, le livre est un labyrinthe qu’il faut laisser à la lecture — mais une dramaturgie originale, des éclats qui composent notre regard sur le rapport entre présent et passé historique, entre histoire intime et dimension politique, entre réalité et rôle salvateur de la fiction artistique.

Nous imaginons sur scène « l’une en face de l’autre » l’un des personnages du roman (In-seon) et une figure issue du monde réel. Un personnage qui raconte le massacre de Jeju en tant que cinéaste, femme et surtout fille, face à une autre cinéaste, femme et surtout fille, portant en elle un autre drame historique. Nous étudions la figure de Chantal Akerman, cinéaste, fille d’une survivante d’Auschwitz, très liée à sa mère, les livres de Philippe Forest sur le trauma personnel et le trauma historique, le récent essai de l’anthropologue Chowra Makaremi, Résistances affectives (« ...il s’agit de penser les affects comme une mémoire vivante, un point d’appui et de résistance face aux politiques de la cruauté »), et d’autres sources que nous rencontrons au fil de cette phase de recherche.

Ces deux femmes partagent une seule et même mère — mère de l’une et de l’autre — une mère qui dit peu directement désormais, saisie à la fin de sa vie, mais une mère qui a beaucoup vécu. Une mère qui est au centre — dans les deux cas, bien que de manière différente — de la question de la résistance affective: ses systèmes nerveux, ses savoirs nocturnes qui hantent l’Histoire, ses formes de soin. Ces deux femmes ne sont pas le double l’une de l’autre; à certains égards elles se ressemblent, certes, mais nous observons toutes les différences fondamentales que leurs destins racontent à partir de la même question traumatique liée à un massacre, à un génocide — mot malheureusement remis en jeu de manière dramatique dans notre présent tourmenté.dans notre présent tourmenté.

Générique

à partir de Impossibles adieux de Han Kang
dramaturgie et mise en scène Daria Deflorian
avec Anna Coppola, Daria Deflorian, Monica Piseddu
projet partagé avec Monica Piseddu et Andrea Pizzalis
dramaturgie Eric Vautrin
scénographie et assistanat à la mise en scène Andrea Pizzalis
lumière Giulia Pastore
son Emanuele Pontecorvo
costumes Ettore Lombardi
direction technique Enrico Maso
conseil artistique Attilio Scarpellini
collaboration à la dramaturgie Nikolai Palmieri et Blu Silla
bureau de production INDEX Valentina Bertolino et Francesco Di Stefano
production INDEX
coproduction Emilia Romagna Teatro ERT / Teatro Nazionale ; Piccolo Teatro di Milano – Teatro d’Europa ; Teatro di Roma – Teatro Nazionale ; Festival d'Avignon ; théâtre Garonne, scène européenne – Toulouse
diffusion en France théâtre Garonne, scène européenne – Toulouse
avec la collaboration de Istituto Culturale Coreano in Italia ; L’arboreto – Teatro Dimora di Mondaino | Centro di Residenza Emilia-Romagna ; Residenza Olinda/TeatroLaCucina
avec le soutien de MiC – Ministero della Cultura

Spectacle créé au Festival d’Avignon le 13 juillet 2026 et présenté en avant-première au théâtre Garonne les 6 et 7 juillet 2026

Événements liés

Biographie

Portrait de Daria Deflorian

Daria Deflorian

Actrice, dramaturge, metteuse en scène et performeuse, Daria Deflorian est diplômée en disciplines des arts et du spectacle à l'École de Théâtre de Bologne. En tant qu’actrice, elle a travaillé entre autres avec Stephane Braunschweig, Lotte Van Den Berg et Massimiliano Civica. En 2012, elle remporte le prix Ubu de la meilleure comédienne, puis l’année suivante, le prix Hystrio.

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