Emmanuelle Huynh

Résidence Nuée

Dans la lignée de Mùa son premier solo, présenté à Garonne en 2003, Emmanuelle Huynh, poursuit son cheminement vers les terres vietnamiennes paternelles. Suite à la disparition de son père, elle retourne au Vietnam et imagine un nouveau solo dansé, Nuée. Après l'avoir accueillie en résidence en octobre 2020 sur le plateau du théâtre, nous présenterons le spectacle dans les mois à venir.

" Nuée est un solo qui répond à vingt-cinq ans de temps d’intervalle à un premier travail, Mua, qui a aussi été un solo en 1995. Et ces deux travaux ont pour point commun et point de départ le désir d’aller au Vietnam pour une première fois en 1994, et le désir d’y retourner en 2020 après y être retournée une seule fois, suite à la disparation de Win Thânh Van, mon père.

Ce projet, Nuée, tente de travailler à travers différents archipels, différents blocs. Il y a eu une enquête documentaire sur des endroits précis où mon père est né, où il a appris à marcher, à lire, dans le delta du Mékong et puis les endroits d’où il est parti à l’âge de 16 ans, sur les rives du fleuve Saigon, en frontière cambodgienne, la terre où il est né. Et une autre partie de l’enquête liée à l’acupuncture puisqu’il était devenu acupuncteur, avec cette conviction que les lieux nous font tout autant que nous les faisons.

C’est Cathy Olive qui fait la lumière et la scénographie, Gislain Malvy qui travaille à la dramaturgie, Pierre-Yves Macé qui travaille à la musique et aux sons, et nous faisons équipe pour essayer d’inventer ce que Chris Marker a appelé un « dépays » .

Ce dépays c’est un investissement imaginaire, un investissement corporel. C’est un voyage, une traversée partageable et sensible avec d’autres que cette équipe artistique, c’est-à-dire avec un public, et aussi une adresse à un pays, à un père et à un amour. "

Emmanuelle Huynh