Rambuku

tg STAN / Maatschappij Discordia / Kayije Kagame

Belgique / Pays - Bas
Théâtre
coproduction / création 2021
26jan>29jan
billet
mercredi 26 janvier 2022 / 20:00 / 50'
jeudi 27 janvier 2022 / 20:00 / 50'
vendredi 28 janvier 2022 / 20:30 / 50'
samedi 29 janvier 2022 / 20:30 / 50'

L’écriture, la bonne écriture, devient ainsi le lieu où quelque chose d’inconnu, quelque chose qui auparavant n’existait pas, se met à exister. […] On cherche à s’approcher d’un endroit où on ne comprend pas.
Jon Fosse, La Gnose de l’écriture

Tg STAN montent pour la troisième fois une pièce de Jon Fosse, Rambuku, publiée en 2006. Au plateau, Kayije Kagame ainsi que les deux acolytes, Matthias de Koning et Damiaan De Schrijver. Une femme et un homme âgé.es attendent, entre immobilisme et mutisme : ils sont en partance pour Rambuku. Là-bas, dans ce nulle part rêvé et lointain, tout est en mouvement, on y entend des chants "chantés par des voix si claires et légères", les grands arbres "s’agitent sous le vent", il y a des vagues "comme des nuages", la souffrance n’est plus. Rambuku, c’est un être au monde, on y voit tout sous la lumière éclatante et on y entend tout car l’écoute est unique, une délivrance absolue. Rambuku, c’est aussi un personnage augural, le seul avec lequel il y aura un échange, c’est un amour perdu retrouvé. Il est La Traversée de chair. Jon Fosse soumet l’écriture à un traitement de répétitions/variations, telle une composition musicale.

Le texte est tressé de silences et s’offre à nous comme un long monologue, habité par plusieurs entités fantomatiques et nébuleuses — cette poésie du vide est une mise à nue totale de  l’acteur qui s’y frotte. Les tg STAN ont trouvé dans les textes de Jon Fosse l’occasion d’expérimenter de manière radicale l’être-là, l’ici et maintenant propre à leur vision de l’art dramatique. Ils puisent la force vive d’un théâtre qu’ils défendent sans relâche au plateau au creux de l’écriture de Jon Fosse qui appréhende "le chagrin, l'isolement, la solitude, l'angoisse, l'amour, les rapports familiaux proches et plus étendus – bref, toute la vie."
 

réalisation de et avec Kayije Kagame, Damiaan De Schrijver et Matthias de Koning
texte Jon Fosse
costumes Elisabeth Michiels
technique Tim Wouters
production STAN et Maatschappij Discordia
coproduction théâtre Garonne - scène européenne, Toulouse et Théâtre La Mouche

création le 6 décembre 2021 à la Bastille
création de la version française initialement prévue à Garonne en mars 2021

  • tarifs généraux de 12 à 20 €
    tarifs adhérents de 5 à 15 €

Fondé à Anvers en 1989, tg STAN – S(top) T(hinking) A(bout) N(ames) – se tourne vers l’acteur et refuse tout dogmatisme, comme l’illustre son répertoire hybride. Associée au théâtre Garonne, la compagnie y a présenté la plupart de ses spectacles.
> lire le portrait de Tg STAN

Créé au début des années 80, aux Pays-Bas, Maatschappij Discordia a initié cette nouvelle vague du théâtre flamand et hollandais qui remet en question la fonction du metteur en scène pour replacer l’acteur au centre du dispositif de création (production et artistique). En rupture avec les conventions du jeu traditionnel, les acteurs de Discordia ont expérimenté sur le plateau une distance critique avec leurs rôles, ouvrant de nouvelles voies à l’interprétation. Conscients de jouer, à la recherche d’une vérité, ils créent une relation avec le public, témoin direct du processus de la représentation. Matthias de Koning (co-fondateur de compagnie Discordia avec Jan Joris Lamers) était l’un des professeurs de tg STAN au Conservatoire d’Anvers.

Kayije Kagame travaille dans le domaine des arts scéniques et contemporains en Suisse et à l’étranger. Diplômée de l’ENSATT de Lyon au Département Jeu (2013). Elle participe au Watermill International Summer Program Residency fondé par Robert Wilson à Long Island, NY (2014-15). Elle collabore entre autre avec Robert Wilson, Karim Bel Kacem, Maud Blandel, Denis Savary, Julia Batinova, Maryse Estier. Elle tourne «People’s Park» (2017) et «Ajardeck» (2018) films courts réalisés par Camille Dumond. Elle tient le rôle principal du film d’Emmanuelle Lainé et Benjamin Valenza «Est-on prêtes à endosser les habits de l’artiste ? » (2018). Au Marathon des Mots à Toulouse, elle lit des extraits d’Adbourahman Wouaberi, Chimamanda Gozi Adichie (2016) puis Enrique Serna, Patrick Chamoiseau, Lenardo Padura (2017) en présence des aut.rice.eur.s.

Parallèlement, Kayije Kagame met en place des projets in-situ au sein d’espaces d’arts tels qu’espace Hit (2017) ainsi que dans le cadre d’expositions collectives à ET – Espace Témoin Genève à Doc! Paris et Sesamstraat Ghost group show à Rotterdam (2018) où elle explore par le biais de dispositifs visuels et sonores immersifs la notion de non-performance. En 2019, elle présente une création à mi-chemin entre théâtre et cinéma, invitant le.s visiteur.e.s à investir l’intégralité du Théâtre de l'Usine (régie, loge, et foyer compris) dans une installation visuelle et sonore immersive. Titré des derniers vers du sonnet XVIII de William Shakespeare, « So long lives this, and this gives life to thee» est une collaboration avec Hugo Radi, Marvin M’toumo, Ndayé Kouagou et Camille Dumond. Actuellement, Kayije Kagame propose deux nouvelles créations en collaboration avec l'actrice Grace Seri et Hugo Radi un solo intitulé SANS GRACE présenté aux Urbaines, Lausanne (2019) ainsi qu'au Grütli, Genève (2020) et prochainement en duo avec Grace Seri intitulé AVEC GRACE du 25 février au 1er mars 2020.

Jon Fosse, né en Norvège en 1959, est un auteur contemporain essentiel de romans, essais, poèmes et livres pour enfants. Ses œuvres sont traduites dans plus de quarante langues ; il est l’auteur norvégien le plus joué avec Ibsen. En France, il a été mis en scène notamment par Claude Régy, Patrice Chéreau, Jacques Lassalle.