Pierre-Yves Macé

Le théâtre Garonne et la ville de Toulouse ont invité le compositeur Pierre-Yves Macé lors des deux prochaines saisons. Sa présence, associée à celle de proches tels que l’ensemble L’Instant donné et l’ensemble Dedalus ou de metteurs en scène comme Sylvain Creuzevault, vient marquer le retour de la musique au centre de la programmation du Garonne. Et à la lumière de ce que nous traversons aujourd’hui, il semblait essentiel d’inviter des artistes à « habiter cette maison ».

PYMacé©Camille_Tauveron

Pierre-Yves Macé, plusieurs fois accueilli à Garonne, s’est saisi spontanément de cette invitation, et viendra donner corps à cette idée de permanence des créateurs à l’intérieur des théâtres, pour faire entendre le point de vue de celui qui, à la croisée des arts vivants, compose la musique. « C’est pour moi une première d’être associé sur deux saisons à un théâtre. D’avoir la possibilité de revisiter des pièces anciennes, d’en écrire de nouvelles, mais aussi d’imaginer de nouvelles manières de créer. C’est un terrain d’expérimentation qui rompt vraiment avec l’imagerie de la tour d’ivoire souvent associée au métier de compositeur. Je reste attentif à tout ce qui peut dans cette solitude créer des liens plus complets, et à cet égard le théâtre Garonne offre des perspectives que je me réjouis vraiment de pouvoir explorer. » Et malgré cette solitude « réelle », ces liens sont nombreux et témoignent de compagnonnages partagés : avec L’Instant donné, qui interprète sa musique depuis 2012 et dont la pianiste Caroline Cren reprendra cette année Song Recycle, et Dedalus, dont la violoniste Silvia Tarozzi créera Frayages — deux œuvres centrées sur la relation entre instrument soliste et haut-parleur, question que Pierre-Yves Macé abordera également lors d’une conférence. « Je travaille aussi à une forme plus ambitieuse qui réunirait les deux ensembles et qui serait la première étape d’un projet plus vaste impliquant un travail théâtral autour de la figure de Walter Benjamin mis en scène par Sylvain Creuzevault. Il y a quelques années, j’avais écrit une pièce électroacoustique autour du Livre des passages, à partir de fragments de chansons populaires des années 1930. À l’époque mon approche était très orientée sur la question de la citation. Cette dimension citationnelle sera moins sollicitée dans la pièce que je vais écrire ; je vais m’attacher davantage à la dimension architecturale, au caractère inachevé du Livre des passages, aux perspectives que cela ouvre. »

Pierre-Yves Macé / Cassandra Miller / Silvia Tarozzi / Ensemble Dedalus
12nov